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Bâle Les bons films du Kultkino

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  Kultkino cette semaine sélection liste non exhaustive

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*****El robo del siglo d’ Ariel Winograd Mittags Kino 12h15

Brillant , drôle et haletant ! Le film ARGENTIN qui nous met de bonne humeur ! Une bande de gars qui se connaissent plus ou moins , truands plus ou moins rangés des voitures , envisagent – et réalisent –  le casse du siècle . Le film est tiré d’une histoire vraie. Guillermo Francella ,regard bleu turquoise et soutire enjoleur ,partage le centre de l’écran avec Diego Peretti , sacrée gueule de cinéma à la Pacino ,  le cerveau de l’affaire  ,  grand amateur de cigarettes qui font rire et de vie au grand air mais à l’intelligence restée en éveil ( psychiatre dans la vraie vie  avant d’embrasser la carrière d’acteur ). Franchement , mon meilleur moment de cinéma depuis Parasite . 

Référence : En 2006 eut lieu le hold-up «du siècle» dans une banque de Buenos Aires. Tout avait été préparé minutieusement et réussi de main de maître. Ils étaient six, ils furent finalement rattrapés, mais une grande partie du butin n’a jamais été retrouvée. 

*Dark Waters de Todd Haynes 15h30 20h20

Un bon film américain comme on aimerait en voir le moins possible avec bande-son envahissante , dialogues d’un ennui mortel à l’image des acteurs d’ailleurs !  Le pauvre Tim Robbins s’est même aussi perdu dans cette soupe gluante et je préfère ne pas parler d’Anne Hathaway !

Sauf que le sujet est vraiment très interessant: assez proche de l’histoire d’empoisonnement à une certaine pollution soulevée en son temps par Erin Brokovitch alias Julia Roberts . Disons-le tout net : le seul interêt du film est d’être extraît de la réalité : un avocat a vraiment mis à mal la grosse société chimique DuPont en l’acculant à régler aux victimes de la pollution qu’elle a autrefois provoqué , des sommes astronomiques . Encore plus interessant est le fait que DuPont de Nemours , compagnie américaine fondée en 1802 , découvreuse du nylon et du Lycra entre autres  et pionnière , de façon générale, dans la révolution des matières plastiques , est toujours en en exercice. Elle est aujourd’hui très puissante , d’autant qu’elle a acquis en 1981 , Conoco Inc, un important pétrolier et gazier americain. 

Le film de Todd Haynes se réfère à la condamnation en 2005 et 2008 de DuPont par la justice américaine à 16,5 millions de dollars d’amende pour avoir dissimulé des informations sur la toxicité de certains composants chimiques entrant dans la composition du Téflon. Elle a également été condamnée à plus de 600 millions de dollars d’amende à la suite d’une action en justice engagée par environ 60 000 habitants qui résidaient à proximité de ses usines.

La bonne nouvelle , c’est que DuPont n’utilise plus ces composés depuis …2015 !

Gilles Caron – Histoire d’un regard de Mariana Otero 12h 

Gilles Caron disparaît soudainement au Cambodge en 1970. Il avait à peine 30 ans, au milieu d’une carrière éblouissante de photojournaliste. Pendant 6 ans, il a été l’un des témoins les plus importants de son époque et a fait des reportages pour les plus grands magazines sur la guerre des Six Jours, sur Mai 68, sur le conflit en Irlande du Nord ou sur la guerre du Vietnam. Lorsque la réalisatrice Mariana Otero a découvert le travail de Gilles Caron, une photo qui faisait écho à sa propre histoire, la disparition d’un être cher qui ne laissait derrière lui que des images à déchiffrer, a retenu son attention. Puis elle s’est plongée dans les 100 000 photos prises par le photojournaliste pour lui redonner une présence et raconter l’histoire de son regard si unique. Un film pour tous ceux qui aiment prendre des photos. Et un morceau d’histoire contemporaine, véhiculé par les images d’un photographe qui se sont ancrées dans nos esprits.

***La bonne épouse De Martin Provost
Avec Juliette Binoche, Yolande Moreau, Noémie Lvovsky 13h50 18h15 20h30

Tenir son foyer et se plier au devoir conjugal sans moufter : c’est ce qu’enseigne avec ardeur Juliette Binoche /Paulette Van Der Beck dans son école ménagère. L’histoire se tourne à l’aube de mai 68 , les femmes s’apprêtent à exister pour de vrai sans l’aval des hommes , la vraie révolution . La bonne épouse est le film qui fait plaisir , tout en légèreté , Binoche est parfaite et encore davantage Noémie Lvovsky ( 💐😂) et Yolande Moreau .

****La daronne de Jean-Paul Salomé Avec Isabelle Huppert, Hippolyte Girardot, Farida Ouchani 11h45 14h 

Patience Portefeux est interprète judiciaire franco-arabe, spécialisée dans les écoutes téléphoniques pour la brigade des Stups. Lors d’une enquête, elle découvre que l’un des trafiquants n’est autre que le fils de l’infirmière dévouée qui s’occupe de sa mère. Elle décide alors de le couvrir et se retrouve à la tête d’un immense trafic ; cette nouvelle venue dans le milieu du deal est surnommée par ses collègues policiers « La Daronne Réjouissant , on s’amuse beaucoup .

Gini Bermond co-directrice Kultkino Bâle juin 2020 Photo VB

Rencontre avec Gini Bermond  co-directrice du Kulkino 

Depuis le 1er avril 2020 , Gini Bermond ( 49 ans ) a succédé à Romy Gisin partie en retraîte après de nombreuses années au service du Kultkino bâlois qualifié de cinéma d’art et d’essai.  Romy Gisin avait initié la fusion des cinéma caméra, atelier, club sous l’appellation Kultkino.ag . Elle avait également participé à la nouvelle configuration du Kult Atelier , plus spacieux et accueillant avec sa déco années 60 . C’est grâce à d’autres innovations comme le sackgeld.kino ou le service de streaming myfilm.ch, que le Kultkino a reussi ces dernières années à résister à l’environnement de plus en plus difficile des exploitants de salles.

Gini Bermond était déja active au sein de l’entreprise en qualité de cheffe des ressources humaines depuis 5 ans . Désormais , elle travaille aux côtés de Tobias Faust qui avait lui-même succédé à Suzanne Schweizer en 2016 . La direction du Kultkino reste donc bicéphale.

Entretien avec Gini Bermond co-directrice du Kultkino

VB : bonjour Madame Bermond . Je dois dire que je me réjouis toujours de voir autant de films français sélectionnés par le Kultkino  de Bâle.

GB : oui , parfois , nous en avons même un peu trop car la qualité n’est pas toujours au RV . Par exemple , Madame Claude que les français ont tellement aimé ( Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? en français ) n’était vraiment pas d’une grande finesse , autant de clichés pour un seul film , c’est dérangeant ! Nous présenterons moins de films français à l’avenir , d’autant que le cercle des expats francophones à Bâle a fortement diminué . En outre , il est de plus en plus difficile d’obtenir des sous-titrages français , les distributeurs imposant davantage l’anglais ou l’allemand selon le cas . A l’occasion , il est utile de noter que 54% des films que nous proposons sont suisses.

VB: comment avez-vous géré la crise du coronavirus et sa sortie ?

GB : oui , la situation est tout à fait particulière pour une organisation comme la nôtre car nous fonctionnons normalement 363 jours par an , 7jours sur 7 , de midi à 23 heures avec l’aide de 55 employés , Il a fallu trouver le moyen d’affirmer  notre présence pendant ces trois mois de fermeture au public. C’est la raison pour laquelle nous avons misé sur notre plate-forme digitale  myfilm.ch , une idée entièrement fabriquée à la main par Tobias Faust en octobre 2018 qui fut totalement innovatrice à l’époque car le Kultkino a été le premier en Europe à monter un tel système. Depuis , plusieurs cinémas ont ouvert une coopération avec nous dont Arthouse ou le Cosmos à Zürich et même en Romandie .Notre  catalogue contient aujourd’hui 320  films à disposition du public pour des tarifs variant de CHF 7,50 à CHF 11,50.

VB : comment choisissez-vous les films lorsque les grands festivals sont annulés ou reportés ?

GB : les choses ont un peu changé . Nous ne faisons plus notre marché comme pouvaient le faire Suzanne Schweizer ou Romy Gisin auparavant à Locarno , Cannes , Berlin ou Venise . Aujourd’hui , ce sont les distributeurs qui imposent leurs films , avec une prédominance de Zürich ( Filmcopi , Xenix…)pour nous . De façon générale , nous acceptons toujours les films qu’ils nous envoient . Ils peuvent avoir été achetés parfois sur la seule bonne foi du scénario. Le financement est leur problème et tout est devenu plus difficile car, avec la généralisation de la digitalisation , il y a beaucoup plus de films et de distributeurs en Suisse  .De notre côté ,  l’association des amis du Kultkino , Kultamici nous soutient financièrement . C’est elle qui nous permet de proposer aux jeunes des tarifs abordables  avec le Sackgeld grâce auquel toute personne de moins de 18 ans paie seulement  CHF 5  , et avec le brainstream.kino, grâce auquel toute personne de moins de 26 ans va au kult.kino pour CHF 8 francs.

VB : à propos , connaissez-vous la moyenne d’âge de fréquentation du Kultkino ?

GB : nous avons remarqué comme les amateurs de cinéma de la tranche d’âge de plus de 60 ans nous est fidèle . Et nous avons constaté  que les concepts du Sackgeld et du Brainstream ont eu un succès monstre , au-delà de nos espérances , 5000 jeunes y ont adhéré à tel point que nous ne pourrons bientôt plus financer ces offres spécifiques . Nous venons d’ailleurs de déposer une demande de subvention car la ville de Bâle propose de créér un fond pour soutenir la culture .

VB : parmi les originalités offertes par le Kultkino , le Mittagskino qui propose des projections entre midi et 14h , est vraiment une bonne idée ( j’en profite régulièrement ) mais il me semble qu’il n’y a pas beaucoup de monde.

GB : détrompez-vous, le Mittagskino fonctionne très bien , nous y accueillons jusqu’à 60 personnes et nous faisons des offres tarifaires convaincantes dans la BAZ par exemple ( 2 entrées pour le prix d’une sans publicité , ce qui ne nous arrange pas vraiment car la publicité est aussi un revenu pour nous .

VB : comment voyez-vous l’après Covid 19 pour le cinéma à Bâle ?

GB : je me pose pas mal de questions : après le confinement , les gens auront-ils vraiment envie de voir des films sèrieux ou un peu difficiles ? Je me dis que tout le monde a besoin de retrouver du rêve , des voyages , de la légèreté . Il faudrait choisir les films en respectant cela . Je m’interroge aussi sur notre public francophone , où est-il ? La question du prix ne devrait pas être un obstacle car , si vous prenez l’abonnement ( 30% de notre clientèle ) le billet revient à CHF13 , nous sommes tout près des 10€ de la France mais peut-être que les gens ne le savent pas suffisamment. Et n’oublions pas que les cartes sont transmissibles .

Par contre , ce qui peut être source d’inquiètude , c’est le projet d’ouverture d’un multiplex de 18 salles en périphérie de la ville ( Kleinhüningen)  où les billets seront vendus 10€ . Ceci dit , ce n’est pas sur que les fidèles du Kult se translatent à l’extèrieur de la ville et nous comptons aussi un peu sur le nouveau café en construction sur la place du théâtre pour donner encore de la vie , le dimanche en particulier à l’environnement de notre cinéma , et peut-être aussi un peu sur la fermeture du Pathé sur la Steinen.

VB : merci beaucoup pour tous ces eclaircissements et à très bientôt . Longue vie au cinéma !

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