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Kultkino Atelier Basel ©VB

Bâle Les bons films du Kultkino

  Kultkino cette semaine sélection liste non exhaustive

Consultez la liste complète du programme actuel 

****Le bonheur des uns... de Daniel Cohen Avec Vincent Cassel, Bérénice Bejo, Florence Foresti, François Damiens  12h10 16h15 20h45 Atelier ( VU AU FFFH 2020)

Grinçant et réjouissant ! Ou comment la méchanceté vient aux jaloux et autre envieux  : Léa, Marc, Karine et Francis sont deux couples d’amis de longue date. Le mari macho paternaliste – Vincent Cassel-, la copine un peu grande-gueule – Foresti parfaite dans son rôle de tête-à-claques – , chacun occupe sa place dans le groupe. Mais, l’harmonie vole en éclat le jour où Léa – Bérénice Bejo charmante – , la plus discrète d’entre eux, leur apprend qu’elle écrit un roman, qui devient un best-seller. Loin de se réjouir, petites jalousies et grandes vacheries commencent à fuser. Humain, trop humain ! On reconnait ses vrais amis au bonheur qu’ils montrent au vu du vôtre…

****** Nomadland de Chloé Zhao avec Frances Mac Dormand David Strathairn, Gay DeForest 12h 18h45 20h30 Atelier

Oscar meilleure actrice pour Frances Mac Dormand

Oscar meilleur film pour Chloé Zhao

Mais comme ça fait plaisir ! Film magnifique , justement multi-récompensé –Lion d’Or, Oscars, Golden Globes, Bafta, le film « Nomadland » de Chloé Zhao a raflé toutes les distinctions qui comptent dans le monde du cinéma. Chloé Zhao et Frances MacDormand reussissent l’exploit de raconter presque avec légèreté la vie de ces femmes et hommes , grands-parents en puissance et contraints de partir en chasse de petits boulots à bord de leur van pour survivre après la crise de 2008. Dans Nomadland , seule la solidarité parvient à alléger la peine de ceux qui se croisent au pied de leur van , transformés en rois de la débrouille et du troc.

L’intrigue de Nomadland est tirée du livre « Nomadland : Surviving America in the Twenty-First Century » écrit par la journaliste Jessica Bruder, et publié pour la première fois en 2017. Pendant longtemps, elle a suivi plusieurs seniors devenus précaires (suite à la crise financière de 2008) ayant décidé de partir à la recherche de petits boulots, à bord de mini-vans.

On pense au film de Jean-Stephane Bron Cleveland contre Wall Street que le realisateur suisse etait venu nous présenter à Bâle en 2010 et qui lui a valu le César du meilleur film documentaire.

Nomadland est réalisé par Chloé Zhao, qui s’y connaît en matière d’Amérique profonde et de laissés pour compte. En 2015, elle met en scène son premier long métrage, Les Chansons que mes frères m’ont apprises, une étude sociologique passionnante au sein de la vie d’Amérindiens dans une réserve. La cinéaste poursuit deux ans plus tard avec une autre plongée réaliste au sein de populations marginalisées : The Rider, dans lequel elle suit une star du rodéo grièvement blessée. 

Pour se préparer à son rôle, Frances McDormand a réellement vécu dans une camionnette pendant quatre à cinq mois et s’est déplacée à travers sept Etats des Etats-Unis. Elle se souvient : « Dans la peau de Fern, j’ai travaillé aux côtés de vrais ouvriers d’un centre de traitement des commandes chez Amazon, dans une usine sucrière, dans la cafétéria d’un parc touristique et en tant que responsable de camping dans un parc national. Dans la plupart des cas, personne ne me reconnaissait et on me traitait comme n’importe quel autre employé. »

******The Father de Florian Zeller Avec Anthony Hopkins, Olivia Colman, Mark Gatiss 12h 14h10 18h45 Atelier

Oscar meilleur acteur pour Anthony Hopkins , meilleur scénario pour Florian Zeller

Encore une pepite , ou un diamant c’est comme on veut ! Autant le dire , Anthony – Hopkins – n’a pas l’air de tourner rond , il y a quelque chose qui cloche , tout en fait ! Anthony n’a plus toute sa tête mais pas tout le temps ; parfois , il semble évoluer dans un monde parallèle pas toujours bienveillant. La confusion règne et pas seulement chez cet homme de 80 ans ; le spectateur que nous sommes nage également en plein chaos par la grâce de Florian Zeller , réalisateur génial , auteur de la trilogie La mère , le Fils , le Père , qui s’ingénie à nous perdre , comme pour accompagner son infortuné héros en plein naufrage ,  comme un arbre amputé de ses branches , délesté de ses feuilles . 

Autant vous le dire , si vous ne versez pas une larme , votre coeur est sans aucun doute devenu sec . Anthony Hopkins , le père , Olivia Colman la fille Anne , acteurs merveilleux , quel bonheur de voir comme on peut raconter avec un tel talent la misère humaine , celle de la perte de soi : qui suis-je ? demande Anthony .

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Rencontre Gini Bermond co-directrice Kultkino Bâle©VB

Rencontre avec Gini Bermond  co-directrice du Kulkino 

Depuis le 1er avril 2020 , Gini Bermond ( 49 ans ) a succédé à Romy Gisin partie en retraîte après de nombreuses années au service du Kultkino bâlois qualifié de cinéma d’art et d’essai.  Romy Gisin avait initié la fusion des cinéma caméra, atelier, club sous l’appellation Kultkino.ag . Elle avait également participé à la nouvelle configuration du Kult Atelier , plus spacieux et accueillant avec sa déco années 60 . C’est grâce à d’autres innovations comme le sackgeld.kino ou le service de streaming myfilm.ch, que le Kultkino a reussi ces dernières années à résister à l’environnement de plus en plus difficile des exploitants de salles.

Gini Bermond était déja active au sein de l’entreprise en qualité de cheffe des ressources humaines depuis 5 ans . Désormais , elle travaille aux côtés de Tobias Faust qui avait lui-même succédé à Suzanne Schweizer en 2016 . La direction du Kultkino reste donc bicéphale.

Entretien avec Gini Bermond co-directrice du Kultkino

VB : bonjour Madame Bermond . Je dois dire que je me réjouis toujours de voir autant de films français sélectionnés par le Kultkino  de Bâle.

GB : oui , parfois , nous en avons même un peu trop car la qualité n’est pas toujours au RV . Par exemple , Madame Claude que les français ont tellement aimé ( Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? en français ) n’était vraiment pas d’une grande finesse , autant de clichés pour un seul film , c’est dérangeant ! Nous présenterons moins de films français à l’avenir , d’autant que le cercle des expats francophones à Bâle a fortement diminué . En outre , il est de plus en plus difficile d’obtenir des sous-titrages français , les distributeurs imposant davantage l’anglais ou l’allemand selon le cas . A l’occasion , il est utile de noter que 54% des films que nous proposons sont suisses.

VB: comment avez-vous géré la crise du coronavirus et sa sortie ?

GB : oui , la situation est tout à fait particulière pour une organisation comme la nôtre car nous fonctionnons normalement 363 jours par an , 7jours sur 7 , de midi à 23 heures avec l’aide de 55 employés , Il a fallu trouver le moyen d’affirmer  notre présence pendant ces trois mois de fermeture au public. C’est la raison pour laquelle nous avons misé sur notre plate-forme digitale  myfilm.ch , une idée entièrement fabriquée à la main par Tobias Faust en octobre 2018 qui fut totalement innovatrice à l’époque car le Kultkino a été le premier en Europe à monter un tel système. Depuis , plusieurs cinémas ont ouvert une coopération avec nous dont Arthouse ou le Cosmos à Zürich et même en Romandie .Notre  catalogue contient aujourd’hui 320  films à disposition du public pour des tarifs variant de CHF 7,50 à CHF 11,50.

VB : comment choisissez-vous les films lorsque les grands festivals sont annulés ou reportés ?

GB : les choses ont un peu changé . Nous ne faisons plus notre marché comme pouvaient le faire Suzanne Schweizer ou Romy Gisin auparavant à Locarno , Cannes , Berlin ou Venise . Aujourd’hui , ce sont les distributeurs qui imposent leurs films , avec une prédominance de Zürich ( Filmcopi , Xenix…)pour nous . De façon générale , nous acceptons toujours les films qu’ils nous envoient . Ils peuvent avoir été achetés parfois sur la seule bonne foi du scénario. Le financement est leur problème et tout est devenu plus difficile car, avec la généralisation de la digitalisation , il y a beaucoup plus de films et de distributeurs en Suisse  .De notre côté ,  l’association des amis du Kultkino , Kultamici nous soutient financièrement . C’est elle qui nous permet de proposer aux jeunes des tarifs abordables  avec le Sackgeld grâce auquel toute personne de moins de 18 ans paie seulement  CHF 5  , et avec le brainstream.kino, grâce auquel toute personne de moins de 26 ans va au kult.kino pour CHF 8 francs.

VB : à propos , connaissez-vous la moyenne d’âge de fréquentation du Kultkino ?

GB : nous avons remarqué comme les amateurs de cinéma de la tranche d’âge de plus de 60 ans nous est fidèle . Et nous avons constaté  que les concepts du Sackgeld et du Brainstream ont eu un succès monstre , au-delà de nos espérances , 5000 jeunes y ont adhéré à tel point que nous ne pourrons bientôt plus financer ces offres spécifiques . Nous venons d’ailleurs de déposer une demande de subvention car la ville de Bâle propose de créér un fond pour soutenir la culture .

VB : parmi les originalités offertes par le Kultkino , le Mittagskino qui propose des projections entre midi et 14h , est vraiment une bonne idée ( j’en profite régulièrement ) mais il me semble qu’il n’y a pas beaucoup de monde.

GB : détrompez-vous, le Mittagskino fonctionne très bien , nous y accueillons jusqu’à 60 personnes et nous faisons des offres tarifaires convaincantes dans la BAZ par exemple ( 2 entrées pour le prix d’une sans publicité , ce qui ne nous arrange pas vraiment car la publicité est aussi un revenu pour nous .

VB : comment voyez-vous l’après Covid 19 pour le cinéma à Bâle ?

GB : je me pose pas mal de questions : après le confinement , les gens auront-ils vraiment envie de voir des films sèrieux ou un peu difficiles ? Je me dis que tout le monde a besoin de retrouver du rêve , des voyages , de la légèreté . Il faudrait choisir les films en respectant cela . Je m’interroge aussi sur notre public francophone , où est-il ? La question du prix ne devrait pas être un obstacle car , si vous prenez l’abonnement ( 30% de notre clientèle ) le billet revient à CHF13 , nous sommes tout près des 10€ de la France mais peut-être que les gens ne le savent pas suffisamment. Et n’oublions pas que les cartes sont transmissibles .

Par contre , ce qui peut être source d’inquiètude , c’est le projet d’ouverture d’un multiplex de 18 salles en périphérie de la ville ( Kleinhüningen)  où les billets seront vendus 10€ . Ceci dit , ce n’est pas sur que les fidèles du Kult se translatent à l’extèrieur de la ville et nous comptons aussi un peu sur le nouveau café en construction sur la place du théâtre pour donner encore de la vie , le dimanche en particulier à l’environnement de notre cinéma , et peut-être aussi un peu sur la fermeture du Pathé sur la Steinen.

VB : merci beaucoup pour tous ces eclaircissements et à très bientôt . Longue vie au cinéma !

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