Ballet de Lorraine ©Grrranit Belfort

Hommage à Merce Cunningham avec le Ballet de Lorraine au Grrranit SN Belfort

Le  Ballet de Lorraine CCN dirigé par le chorégraphe suédois Petter Jacobsson était au Grrranit SN Belfort le 8 octobre 2020 :

3 pièces chorégraphiques ont été proposées au public du Grranit , exprimant chacune des visions fort différentes du monde interprétées avec maestria par les danseuses et danseurs de cette fabuleuse compagnie nationale basée à Nancy. La première , Happening    birthday  est  une chorégraphie enchanteresse et onirique de Petter Jacobsson et Thomas Caley imaginée pour le cinquantenaire du Ballet de Lorraine en 2018  . Cette performance de trois danseurs, en guise de lever de rideau, tient de l’exploit : un danseur , deux danseuses se déplacent à une telle vitesse qu’on y perçoit le battement d’aile gracieux du papillon ou l’éclosion du dahlia filmée en time-lapse ou encore la fluidité de l’eau tout simplement  pour distiller une impression enveloppante de liberté , celle-la même qui était l’identité de la fin des années 60 , inaugurant la compagnie du Ballet de Lorraine . Les performeurs sont accompagnés musicalement par Ben Unzip aux platines électroniques avant même le lever de rideau . La seconde pièce , Transparent Monster du japonais Saburo Teshigawara  est une  chorégraphie pour trois danseurs sur la musique de Debussy, Schubert et Bach savamment remixée . Deux hommes semblent se débattre peut-être contre ce monstre non pas transparent mais d’un vert lumineux joué par le troisième homme , le tout donnant une ambiance chaotique futuriste sidérante . La dernière pièce chorégraphique , Cunningham Centennial solos, interprétée par cinq danseurs, est une proposition inédite autour de l’œuvre de Merce Cunningham : une combinaison de solos simultanés tirés de son vaste répertoire, élaboré à l’occasion du centenaire de sa naissance le 16 avril 2019 à Londres. 

Merce Cunningham est celui qui est venu déranger le petit monde parfait de la danse moderne dans les années 50 pour propulser la création chorégraphique sur une planète étrange mettant le hasard en vedette et non plus l’ordonnancement finement calculé danse-musique en vogue jusque-là . Il est l’initiateur de la danse contemporaine , espace libre porteur de disciplines artistiques croisées valorisées à égalité sur scène voire indépendamment  : la danse, la musique, l’œuvre plastique. Pour la pièce jouée ce huit octobre au Grrranit , la leçon de Cunningham : musique et danse cohabitent sans lien apparent . Le chorégraphe donnait la clé suivante : « Dans mes ballets , il n’y a pas à comprendre, le but est de vous stimuler , vous  public , à voir avec plus d’acuité , à écouter avec plus d’attention , à penser plus intensément . » Naturellement , liberté d’interprétation nous est laissée . Attention , bien que Cunningham s’en remette au hasard lorsqu’il créé un ballet – c’est même sa signature – n’y voyez aucun amateurisme , c’est exactement le contraire : derrière le terme de hasard , il faut entendre probabilités , théorie du lancer de dés encadrée très formellement par la contrainte temps. Voir un ballet du père de la modern dance  est une expèrience unique. Les cinq danseurs et danseuses sur le plateau l’autre soir crééent une surprise durable en s’engageant dans des pas dignes des plus grands ballets classiques pour finir sur des voltiges déstructurées purement athlétiques qui portent à sourire . L’accompagnement musical de John Cage -compagnon du chorégraphe révolutionnaire durant 50 ans- succession d’accords dissonants semblant relever de l’expérimentation scientifique davantage que de la « simple  » composition musicale , désarçonne et distraît de la performance dansée à son profit . Cunningham veut dissocier la musique de la danse , peut-être parce qu’elle n’appelle que trop les émotions , lui qui considère le mouvement comme seul qualificatif adéquat pour la discipline qu’il a pratiqué et enseigné pendant un demi-siècle.

Le hasard selon Merce Cunningham : Il notait des phrases de mouvements auxquelles il attribuait un numéro, puis laissait les dés du Yi-King (traité de divination chinois) organiser la chorégraphie. Chaque version était différente selon que les séquences étaient dansées à un, deux ou six danseurs. L’ordre n’était jamais le même, le ballet non plus . L’accompagnement musical , dissocié , n’était pas connu des danseurs avant le lever de rideau.

En 2002, Merce Cunningham reçoit à Monaco, pour l’ensemble de sa carrière, le Prix Nijinski remis par Robert Rauschenberg.

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