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Pissaro Kitchen Garden 1899 Kunstmuseum Basel ©VB

Camille Pissaro au Kunstmuseum Basel

Passons, la peinture, l'art en général m'enchante, c'est ma vie, que me fait le reste, quand on fait une chose avec toute son âme et tout ce que l'on a de noble en soi, on trouve toujours un sosie qui vous comprend, pas n'est besoin d'être légion, n'est-ce pas là tout ce que doit désirer l'artiste .

Camille Pissarro à son fils Lucien
Pissarro l'Atelier de la modernité Kunstmuseum Basel ©VB
Pissarro l'Atelier de la modernité Kunstmuseum Basel ©VB

Camille Pissarro
L’atelier de la modernité jusqu’au 23.01.2022, Kunstmuseum Basel | Neubau

Commissaires : Christophe Duvivier, Josef Helfenstein

Visites guidées en Français 24 octobre 28 novembre 26 décembre 23 janvier 2022 de 15h à 16h Prix Entrée + CHF5

Les Glaneuses de Pissarro font désormais partie de la collection du Kunstmuseum de Bâle 

Il s’agit de la donation d’une œuvre néo-impressionniste majeure du peintre français à l’Öffentliche Kunstsammlung Basel.

Les Glaneuses appartient comme un dépôt du Dr. h.c. Emile Dreyfus-Stiftung depuis 1970 et est donc connu depuis longtemps des visiteurs du Kunstmuseum Basel. Grâce aux contributions renommées d’un donateur anonyme, de la Fondation Max Geldner et de la Fondation Im Obersteg, le tableau conservera désormais sa place permanente au Kunstmuseum Basel.

Le Kunstmuseum Basel abrite huit tableaux de Pissarro, dix dessins et aquarelles ainsi que dix gravures, ce qui en fait probablement la plus importante collection de l’artiste français en Suisse. En 1912, à l’initiative de trois jeunes artistes, son tableau Un coin de l’Hermitage, Pontoise (1878) est la première œuvre impressionniste à être achetée par un musée suisse. C’est ainsi que fut posée la première pierre de la collection impressionniste du Musée des Beaux-Arts de Bâle.

Avec Les Glaneuses de 1889  Pissarro a conservé l’harmonisation de la figure et du paysage obtenue avec les moyens du pointillisme comme stratégie picturale.

Un autre aspect de l’œuvre de Pissarro qui s’exprime dans Les Glaneuses est son orientation politique. L’artiste était en effet un anarchiste convaincu.

« (…) nous sortons peut-être tous de Pissarro. Il a eu la veine de naître aux Antilles, là, il a appris le dessin sans maître. Il m’a raconté tout ça. En 65, déjà il éliminait le noir, le bitume, la terre de Sienne et les ocres. C’est un fait. Ne peins jamais qu’avec les trois couleurs primaires et leurs dérivés immédiats. Me disait-il. C’est lui, oui, le premier impressionniste.» Paul Cézanne, «Conversations avec Cézanne»

Propos rapportés par Joachim Gasquet initialement dans «Cézanne», Paris, 1921, P.M. Moran (éd.), Paris, Macula, 1978, p.121

 

Camille Pissarro (1830-1903) compte parmi les artistes majeurs dans la France du XIXe siècle. Figure centrale de l’impressionnisme,  il  marqua  ce  mouvement de  manière décisive. Camille Pissarro. L’atelier de la modernité au Kunstmuseum Basel est la première rétrospective consacrée à cet artiste en Suisse depuis plus de 60 ans. Elle offre à la fois un vaste aperçu de l’œuvre de Pissarro et accorde une attention particulière à sa pratique collaborative et à son influence déterminante sur  l’art moderne. L’exposition situe l’œuvre foisonnante de Pissaro dans  le contexte  historique à  l’aide  d’œuvres  de Claude Monet, Paul Cézanne, Paul Gauguin, Georges Seurat, Paul Signac, Mary Cassatt et d’autres.

Les expositions consacrées à l’impressionnisme ont une longue tradition au Kunstmuseum Basel. À ce titre, Pissarro revêt une importance particulière pour le musée, sa collection abritant pas moins de  huit peintures,  dix  dessins et  aquarelles  ainsi que dix travaux d’art graphique. Son œuvre Un coin de l’Hermitage, Pontoise de 1878 fut le premier tableau impressionniste à entrer dans la Öffentliche Kunstsammlung Basel, la collection publique bâloise. Acquise en 1912 à l’initiative de trois jeunes artistes, cette peinture posa les fondements de la collection  impressionniste.  Au  printemps  de  cette année, le Kunstmuseum Basel s’est félicité de la donation de La Maison Rondest, l’Hermitage, Pontoise (1875) de Pissarro par une collection particulière suisse.

Pissarro fut le seul impressionniste s’attachant à représenter la vie simple, en particulier celle des gens de la campagne. Ses peintures montrent des paysages cultivés par l’homme, elles sont une plongée dans le monde paysan et agricole, bien loin de l’existence de la bourgeoisie aisée.

Politique, société et marché de l’art

À la différence de Monet ou Renoir, Pissarro était réticent à toute esthétisation. Cela explique sans doute le fait qu’il subit un échec commercial et eut des problèmes financiers jusqu’ à un âge avancé. Pissarro a joué un rôle moteur lors de la création d’une association libre et coopérative qui réunissait des hommes et femmes souhaitant exposer et vendre eux-mêmes leurs œuvres. Cette Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs entrera plus tard dans l’histoire de l’art sous le nom de groupe des impressionnistes.

Dans les années 1880, l’impressionnisme, longtemps sujet à controverse, commence à recueillir davantage l’adhésion du public, à entrer dans les collections particulières et publiques, et à rapporter de l’argent aux artistes. C’est précisément à ce moment-là que Pissarro se consacre à une autre révolution picturale – le néo-impressionnisme  –  et manifeste de nouveau une volonté ferme en faveur du progrès  artistique. L’esthétique radicale et la méthode scientifique du néo-impressionnisme défendues notamment par Georges Seurat, Paul Signac, Louis Hayet et le fils aîné de Pissarro, Lucien, représentent pour l’artiste une évolution logique de l’impressionnisme.

Le peintre ne fait pas mystère de son intérêt pour les écrits anarchistes et de  son engagement en faveur des publications  anarchistes. Comme  nombre  de  ses contemporains, dont les néo-impressionnistes, Pissarro est convaincu que la répartition inégale des ressources (en particulier dans des grandes villes comme Paris ou Londres) mènera à un renversement sociétal à plus ou moins long terme. Pissarro croit cependant en une révolution pacifique et non violente.

Né  en  1830  de  parents  juifs sur l’île Saint-Thomas dans les Caraïbes, alors  colonie  danoise, il est  le  seul impressionniste  à  grandir  sur  deux  continents.  Trilingue  (français,  anglais  et espagnol), il est sensibilisé à la diversité ethnique et culturelle dès son enfance. Son identité, sa conception de la peinture et sa vision du monde étaient à la fois le fruit d’une culture aux origines complexes, et donc par essence anti-nationaliste, et d’une volonté constante d’échanger avec d’autres créateurs.

Pissarro éprouvait une curiosité singulière pour les expérimentations artistiques et les nouvelles formes de représentation. Dans l’entourage de précurseurs à l’instar de Camille Corot et Gustave Courbet, il recherchera toujours à dialoguer avec ceux qui, comme lui, nourrissaient une vision de l’art indépendant de l’Académie.

De prestigieux prêts

L’exposition Camille Pissarro. L’atelier de la modernité réunit quelque 180 œuvres de collections suisses et internationales parmi lesquelles le Museum Folkwang d’Essen, le Musée d’Orsay de Paris, The Museum of Modern Art de New York, The Metropolitan Museum of Art de New York, la National Gallery of Ireland, The National Gallery de Londres, la Kunsthalle Mannheim, le Museo Nacional Thyssen-Bornemisza de Madrid, la Tate Modern de Londres, The British Museum de Londres, le Dallas Museum of Art, la National Gallery of Art de Washington, le Musée du Petit Palais de Genève, le Ashmolean Museum d’Oxford, les Musées de Pontoise, The Art Institute of Chicago, la Staatsgalerie Stuttgart, le Kunstmuseum Bern et le Kunst Museum Winterthur.

 

Catalogue

 

L’abondant catalogue de l’exposition avec des contributions de Timothy J. Clark, André Dombrowski, Claire Durand-Ruel, Christophe Duvivier, Sophie Eichner, Colin Harrison, Josef Helfenstein, Jelle Imkampe, David Misteli, Olga Osadtschy, Joachim Pissarro, Esther Rapoport, Valérie Sueur-Hermel et Kerstin Thomas paraît aux éditions Prestel Verlag.

 

KUNSTMUSEUM BASEL

MUSEE CAMILLE PISSARRO PONTOISE

Pissaro et ses fils Kunstmuseum Basel ©VB

Repères biographiques

Camille Pissarro naît en 1830 de parents juifs sur l’île antillaise de Saint-Thomas alors sous domination danoise. En 1855, il s’installe à Paris où il travaille dans l’entourage des pré-impressionnistes. Il renonce à entrer dans l’entreprise de son père et à suivre une formation académique comme l’exigent ses parents. À la place, il privilégie l’atmosphère plus libre de l’Académie Suisse où il rencontre Claude Monet, Paul Cézanne et Armand Guillaumin, ses futurs compagnons de route. En 1861, il fait la connaissance de Julie Vellay qui travaille comme gouvernante chez ses parents. Malgré des réticences familiales, leur relation s’inscrit dans la durée et le couple donnera naissance à huit enfants.

 

Au cours des années précédant la guerre franco-allemande de 1870, Pissarro marque l’évolution de l’esthétique impressionniste. Puis le cercle des impressionnistes lui doit sa forme d’organisation  indépendante  caractéristique.  Entre  1872  et  1886,  il  réunit  et anime ce mouvement révolutionnaire ;  il est  le  seul  membre  à  participer  à  l’ensemble des huit expositions du groupe. En 1886, Pissarro joue également un rôle moteur dans le renouveau et la dissolution du cercle en contribuant au développement d’une nouvelle génération : les néo-impressionnistes.

 

La disposition de Pissarro à explorer sans cesse de nouvelles voies artistiques l’éloigne de perspectives financières favorables jusqu’à ses soixante-cinq ans. Tandis que Claude Monet connaît une prospérité croissante à partir de la moitié des années 1880, Pissarro s’en voit privé jusqu’au milieu des années 90. Dans le même temps, il fait face aux charges familiales toujours plus nombreuses  et  les  soucis  financiers  seront  très longtemps son quotidien.

 

Camille Pissarro passe les vingt dernières années de son existence à Éragny-sur-Epte, un village normand proche de Gisors au Nord-Est de Giverny entre Paris et  Rouen,  où sa famille réside depuis  1884.  Il quitte  alors  régulièrement son  atelier  d’Éragny-sur-Epte pour séjourner et travailler dans les grands ports normands (Rouen, Le Havre et

Dieppe), passer l’hiver à Paris ou rejoindre ses fils à Londres. La dernière décennie de son œuvre sera ainsi marquée par de grandes séries urbaines et portuaires qui renouvèlent ses motifs et font la synthèse de toutes ses recherches antérieures. Il meurt en 1903 entouré de ses proches.

 

Aujourd’hui, les œuvres de Pissarro sont représentées au sein des plus importantes collections du monde. Récemment, de grandes expositions ont été organisées au Musée d’Orsay (2005), au Museum of Modern Art de New York (2005), au Fine Arts Museum of San Francisco et au Sterling and Francine Clark Institute, Massachusetts (2011/2012), au Museo Thyssen-Bornemisza de Madrid (2013) ainsi qu’une double exposition à Paris, au Musée Marmottan-Monet et au Musée du Luxembourg (2017).

KUNSTMUSEUM BASEL

Quant au vieux Pissarro, ce fut un père pour moi. C'était un homme à consulter et quelque chose comme le Bon Dieu

Paul Cézanne à Aix 1926
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