DENIM l’exposition du Spielzeug Welten Museum Basel

 Le jean dans toute ses splendeurs jusqu’au 5 avril 2021

Denim : stylé, pratique, intemporel Le tissu bleu et son histoire.

Le denim fait partie des éléments absolument basiques de la garde-robe. Presque tout le monde a un tel habit dans son armoire. Mais le denim est aujourd’hui bien plus qu’un tissu pour les vêtements. On pourrait penser que le denim et l’art n’ont rien à voir ensemble. Loin s’en faut : de nombreux artistes ont découvert le denim comme matière première. Cette exposition temporaire unique montre la polyvalence et l’histoire de ce matériau tant aimé. Des peintures de The Master of the Blue Jeans de la fin du 17e siècle jusqu’aux pantalons en jean, vestes en jean, sacs, chaussures, meubles et objets utilitaires, en passant par les sculptures ou installations comme The Secret Garden de Ian Berry et les panthères de Afran (Milan Art & Events Center).

Le tissu le plus utilisé au monde a une histoire folle, qui commence certainement en Italie et arrive en Amérique, chez les chercheurs d’or et les stars du cinéma. Vous êtes-vous déjà demandé qui a inventé le tissu pour les jeans que vous portez tous les jours ? L’histoire est assez fascinante et la querelle à ce propos persiste entre l’Italie et la France, pour savoir dans quelle ville ce tissu robuste est né, tissu qui est devenu le plus vendu et le plus célèbre au monde, et qui s’est vite développé, passant d’un tissu pour les vêtements de travail à un protagoniste incontesté de la mode contemporaine.

Cependant, de quoi est composé le jean et d’où vient le nom ? De Nîmes ou plutôt Gênes ? Durant de longues années, les historiens ont toujours considéré comme prédécesseurs du jean deux tissus d’origine ne venant pas des États-Unis : un tissu robuste de la ville de Nîmes dans le sud de la France, de laquelle dériverait le nom denim, ainsi qu’un tissu de coton de la ville de Genua (Gênes) en Italie, dont le nom français Gênes aurait évolué pour donner le mot anglais jeans. Cependant, les preuves historiques manquent pour les deux explications.

Cela fait déjà plus de cent ans que le blue jean est né comme pantalon de travail robuste et pratique. Ce à quoi personne ne s’était attendu à l’époque et ce qui n’était certainement pas prévu est arrivé : le pantalon bleu en denim est devenu un article de mode. Bien qu’il soit restylé et repensé chaque année, le pantalon des chercheurs d’or et des cow-boys a conservé ses caractéristiques les plus importantes : il est confortable et robuste. Cependant, le blue jean ne s’est pas seulement transformé en vêtement tendance, il est également vu comme objet culte. En raison de son histoire, il a déjà servi de symbole de statut de différents mouvements. Aujourd’hui, il fait partie aussi bien de la garde-robe standard des travailleurs que de celle de leurs chefs. Oui, même les chefs d’État, mannequins et acteurs posent devant les caméras dans leur pantalon confortable. De nos jours, le blue jean existe pour homme et pour femme et pour presque toute occasion.

Dans cette exposition, qui comprend environ 125 objets, les visiteurs seront emportés dans un voyage à travers les diverses facettes de ce matériau fascinant. L’exposition temporaire a été préparée en collaboration avec Madame Liza Snook du Virtual Shoe Museum de La Haye. Ainsi a-t-on pu rassembler des prêts de divers musées européens, collectionneurs privés, installations de galeries et artistes du monde entier. Cette exposition est visible sous cette forme uniquement à Bâle.

 

Explications et mythes concernant l’origine du matériau bleu

De Nîmes ou plutôt Gênes ? Un des mythes raconte que le tissu robuste pour les jeans vient à l’origine de la ville française de Nîmes et ainsi serge de Nîmes a été raccourci en denim. De même, aucun fait historique ne peut prouver la dérivation du terme Blue Gênes de la couleur et du chemin de transport de la ville portuaire de Gênes vers l’Amérique. Les recherches du Musée de la Mode et du Costume de Paris ont mené au 16e siècle en Italie jusqu’à un matériau que l’on appelait jean. Il était fait de coton, de lin ou de laine et venait à l’origine de Gênes. Au début du 17e siècle, il y avait en France un tissu comprenant de la soie et de la laine connu sous le nom de serge de Nîmes. De plus, il existait encore un autre matériau, appelé nim, qui se composait également en partie de laine. Les deux tissus avaient une armure en sergé, mais dans leur composition, ils se différenciaient clairement du denim connu plus tard composé à 100% de coton. 

Grâce à un prêt de la Galerie Canesso de Paris, l’exposition présente une œuvre-d’art unique dans l’histoire du tissu bleu et datant de la fin du 17e siècle. Monsieur Maurizio Canesso a obtenu en 2004 la première peinture de ce maître inconnu. Dans le catalogue des ventes, elle était décrite comme The Barber’s Shop de l’école napolitaine. Deux ans plus tard, Monsieur Canesso est tombé sur un article de Gerlinde Gruber, curatrice du musée de l’histoire de l’art à Vienne, qui se penche sur toutes les œuvres de ce peintre inconnu. Ses travaux sont connus sous le nom anonyme de Maestro della tela jeans (Maître de la toile de jeans), car son vrai nom n’a jamais pu être trouvé. 

En l’espace de six ans, Maurizio Canesso est parvenu à acquérir presque l’ensemble des œuvres connues du Maître de la toile de jeans. Comme des scènes de style caravagesque (d’après Le Caravage, peintre du baroque ancien), les peintures à l’huile représentent des gens pauvres. Une grande attention est portée aux vêtements et aux morceaux de tissu, qui sont souvent déchirés, repassés, fripés, cousus en larges bandes, salis, roulés ou pliés. 

Le Maestro della tela jeans (Maître de la toile de jeans)  était actif dans le nord de l’Italie entre 1675 et 1700 environ. Il viendrait éventuellement de la région de Venise. L’artiste italien au nom inconnu a obtenu ce pseudonyme, car sur toutes ses peintures, sauf une, on retrouve le tissu bleu indigo typique qui apparaît dans les vêtements de ses personnages. Celui-ci rappelle fortement le blue jean moderne. Les peintures du Master of Blue Jeans (Maître de la toile de jeans) montrent toujours des membres de la couche pauvre du peuple. Le bleu du tissu sur les peintures est peint exactement dans la même nuance indigo encore utilisée de nos jours pour les jeans. On estime que les peintures de la fin du 17e siècle viennent de la région de Venise, et non pas de celle de Gênes.

Les débuts de l’histoire du jean

Löb Strauss a fait partie de ceux ayant posé la première pierre de ce qui deviendra le pantalon denim. Fils d’un colporteur juif, Strauss est né en 1829 à Buttenheim bei Bamberg en Franconie (Allemagne). Enfant, il vendait des ustensiles de ménage avec son père, dont des tissus et accessoires de couture. En 1848, il immigre en Amérique pour choisir quelques années plus tard la Californie. Strauss est arrivé à San Francisco en 1853 et y a ouvert son propre commerce de gros de textile et livre de nombreuses petites boutiques. Trois ans plus tard, Strauss fondait avec ses deux demi-frères l’entreprise Levi Strauss. Dorénavant, ils menaient ensemble, des deux sites de San Francisco et New York, un commerce de gros avec importation de textiles. Grâce à son esprit pionnier et à son inventivité, ainsi qu’à de nombreux contacts, Strauss était déjà millionnaire en 1870. Il a également joué un rôle crucial dans l’essor des États-Unis. Sa propre production de pantalons de travail et de jeans n’a commencé que plus tard en 1873. Suite à sa mort en 1902, quatre de ses neveux ont continué de diriger l’entreprise Levi Strauss & Co. L’entreprise reste encore aujourd’hui propriété de la famille

Le développement du jean avec Levi’s 

Il existe de nombreuses histoires et mythes concernant la naissance et la véritable origine du pantalon en jean : celle des chercheurs d’or et de leurs vêtements de travail de l’époque , le surpantalon, porté par-dessus le pantalon pour le protéger pendant le travail .  Les premiers pantalons en jean Levi’s ont été conjointement développés par Löb Strauss et Jacob Davis en 1873 . Le tailleur Davis avait trouvé la solution, sous la forme de rivets de cuivre, contre la déchirure fréquente des coins des poches . Strauss et Davis sont devenus partenaires d’affaires et ont partagé leur savoir et l’argent pour le brevet sur les rivets .Très tôt, les poches arrière du pantalon ont été décorées d’une double couture en forme de V, un signe individuel et reconnaissable de Levi’s. En 1886, on a ajouté la ceinture du pantalon, à l’arrière de laquelle se trouve un carré, à l’époque encore en vrai cuir, avec l’emblème de Levi’s, les deux chevaux de trait emblématiques. 

En 1890, la production du célèbre 501® a démarré et le pantalon à cinq poches avec deux poches arrière est arrivé sur le marché en 1901. 

La marche triomphale du jean vers l’Europe

Ce n’est que vers 1930 que les exigences vis-à-vis du jean ont également changé. Car seule la jeunesse américaine portait désormais l’ancien pantalon de travail. Le blue jean était un symbole de rébellion

Avec la Deuxième Guerre mondiale, lors de laquelle de nombreux soldats américains ont lutté sur le sol européen, le blue jean est arrivé en Europe. En effet, aux États-Unis, le pantalon en jean était arrivé jusque dans l’habillement de l’armée. Bien que le pantalon des soldats étrangers, qui a d’abord été connu en Allemagne sous le nom de pantalon Texas ou pantalon à rivet, n’a pas eu un démarrage facile, il a finalement pu s’imposer.

Peu après la fin de la guerre, dans le cadre de la reconstruction, les premiers blue jeans ont été fabriqués en Europe. L’usine allemande du nom de L. Hermann à Künzelsau a pris en charge la production. Ce fabricant de jeans existe d’ailleurs encore aujourd’hui. Cependant, depuis 1970, on connaît l’ancienne fabrique de robes sous le nom de Mustang. Le nom devait refléter le style de vie du Far-West américain.

Les femmes et le jean

En tant que pantalon des travailleurs et gardiens-vachers, le blue jean était évidemment à l’origine réservé aux hommes

Le jean pour dames d’aujourd’hui est également solide, robuste et durable, tout en répondant aux exigences féminines. Les femmes se sont également intéressées au pantalon en jean dans les années 1930, alors que le modèle Levi’s Lady L s’imposait chez les cavalières comme pantalon résistant. Cependant, ce n’est que dans les années 1950 que des femmes sûres d’elles ont commencé à porter des pantalons en jean unisexe. En 1954, Marilyn Monroe portait le vêtement caractéristique dans une production hollywoodienne, la première femme à le faire sur grand écran.

Dès 1953, il y avait en Allemagne des modèles de jean pour femmes. Ce vêtement pratique et sportif accompagne la mode depuis maintenant plus de cent quarante ans. Et cela n’est pas prêt de s’arrêter. Bien au contraire, le denim est présent dans presque tous les défilés de mode de haute couture sur au moins une pièce.

Le jean culte Levi’s 501

Sa coupe n’est ni trop large, ni trop serrée. Ainsi est-il parfait autant pour les hommes que pour les femmes.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, les soldats américains portaient le jean Levi’s 501 aussi loin de leur foyer, et c’est ainsi que les Britanniques et les Allemands en particulier ont remarqué ce vêtement confortable et solide à la fois.

Après la guerre, la télévision et le cinéma ont aidé à faire monter le niveau de popularité du blue jean. Une des stars d’Hollywood responsables de sa renommée mondiale est Marlon Brando, qui a fait du jean pour homme un symbole de statut pour une jeunesse rebelle dans son film L’Équipée sauvage. James Dean aussi portait des jeans Levi’s 501 dans ses films. Marilyn Monroe a donné une touche de sex-appeal au jean, car elle a été la première femme à porter ce pantalon dans le western Rivière sans retour. 

Dans les années 1980, le pantalon culte était déjà presque la marque de fabrique de Steve Jobs, le cofondateur d’Apple. Le jean Levi’s 501 n’a pas seulement survécu à tous les goûts des époques, mais, en tant que vêtement hors pair, il est facilement devenu la caractéristique de divers courants. Barack Obama , en 2008  pendant sa première campagne, s’est présenté en Levi’s 501 devant ses électeurs. 

L’indigo, le colorant des jeans

L’indigo est un composé chimique organique cristallin de couleur bleu foncé. Ce pigment possède un grand pouvoir colorant et est difficilement soluble dans l’eau. L’indigo est l’un des pigments les plus anciens et les plus connus ; il était déjà utilisé à la préhistoire pour teindre les textiles. Auparavant, l’indigo venait de sources végétales comme les feuilles du pastel des teinturiers ou de l’indigotier. À partir de 1865, Adolf von Baeyer a mené une série d’études grâce auxquelles il a développé différents chemins de synthèse pour l’indigo et déterminé sa structure chimique. En 1905, il a obtenu le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur la chimie des colorants. 

Avec le développement des processus de synthèse industriels vers la fin du 19e siècle, la production technique à grande échelle, et donc économique, d’indigo a commencé, faisant s’écrouler le marché de l’indigo naturel. De nos jours, on produit des dizaines de milliers de tonnes d’indigo synthétique par an, qui seront principalement utilisées pour la teinture du coton de denim servant à la fabrication des blue jeans. 

En 2011, la teinture des étoffes pour jean a utilisé plus de 95% de la production annuelle de l’indigo synthétique, qui s’élevait à environ 50 000 tonnes. Ainsi, il fait partie des pigments les plus utilisés pour la teinture textile avec lequel on colore plus d’un milliard de blue jeans par an.

Actuellement, la recherche sur la fabrication et l’application de l’indigo se concentre sur le développement d’un processus de teinture nécessitant moins d’eau ou bien la réduction électrochimique en leuco-indigo ainsi que sur l’utilisation de l’eau comme solvant pour la synthèse et la recristallisation de l’indigo. L’indigo était et reste une des teintures les plus répandues et utilisées depuis l’Antiquité.

 

Informations pratiques 

Partager cet article :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le Détour Saint-Louis

logo Ecole Les Coquelicots Bâle

Logo MuseumsPassMusées

Logo-HT-Cre-Art-Basel

Museen Basel

Théâtre le Grrranit Scène Nationale Belfort Logo

Logo Comète Hésingue

Logo Ecole Française de Bâle

Fondation Fernet-Branca

Alliance Française de Bâle

© Bâle Région Mag 2020 / Mentions légales et Politique de confidentialité

✨ Site réalisé avec monweb.agency