Lotte Laserstein Ich und mein Modell Close Up Fondation Beyeler 2021 Coll privée©VB

Fondation Beyeler Femmes artistes influentes

Frida Khalo Close Up Fondation Beyeler 2021 ©VB
Frida Khalo Close Up Fondation Beyeler 2021 ©VB

CLOSE-UP JUSQU’AU 2 JANVIER 2022
Berthe Morisot, Mary Cassatt, Paula Modersohn-Becker, Lotte Laserstein, Frida Kahlo, Alice Neel, Marlene Dumas, Cindy Sherman, Elizabeth Peyton

L’exposition présente des œuvres de femmes artistes dont l’œuvre occupe une position éminente dans l’histoire de l’art moderne depuis 1870 jusqu’à aujourd’hui. C’est l’époque où, pour la première fois, il devint possible à des femmes en Europe et en Amérique de développer une activité artistique professionnelle sur une large base.

Au centre de l’exposition figurent neuf artistes qui ont en commun leur intérêt pour la représentation d’êtres humains, le portrait dans ses différentes déclinaisons et l’autoportrait.
La Française Berthe Morisot et l’Américaine Mary Cassatt, toutes deux actives dans les années 1870 et 1880 à Paris, qui était alors la capitale de la création artistique la plus avancée; l’Allemande Paula Modersohn-Becker de 1900 à 1907 entre la petite ville provinciale de Worpswede, dans le Nord de l’Allemagne, et la métropole parisienne; l’Allemande Lotte Laserstein de 1925 à 1933 dans le Berlin de la République de Weimar; la Mexicaine Frida Kahlo depuis la fin des années 1920 jusque vers 1950, à Mexico City, pendant la période mouvementée de la consolidation de la révolution mexicaine; l’Américaine Alice Neel depuis la fin des années 1920 jusqu’au début des années 1980, d’abord à Cuba, puis à Manhattan, de Greenwich Village au Upper West Side en passant par Spanish Harlem; Marlene Dumas, qui a grandi au Cap au plus fort de l’Apartheid, et vit depuis 1976 à Amsterdam; en même temps l’Américaine Cindy Sherman à New York, pôle occidental d’une nouvelle génération d’artistes contemporains; et enfin l’Américaine Elizabeth Peyton depuis les années 1990, entre New York et l’Europe de l’Ouest.

L’exposition s’intéresse particulièrement au regard posé par ces artistes sur leurs environnements, tel qu’il s’exprime dans leurs portraits et leurs tableaux de figures. La réunion de certaines de ces œuvres permet de découvrir comment ce regard a changé entre 1870 et aujourd’hui et par quoi il se caractérise.

Berthe Morisot (1841, Bourges    1895, Paris)

L’exposition débute avec Berthe Morisot et Mary Cassatt, deux artistes qui ouvriront la voie à des générations suivantes de peintres femmes. Les soirées hebdomadaires organisées par sa mère, auxquelles assistent régulièrement des artistes, instaurent un cadre dans lequel les sœurs Morisot peuvent faire des rencontres et nouer des contacts – par exemple avec Édouard Manet et Edgar Degas. Ce dernier appartient au cercle des jeunes peintres qui s’érigent contre l’académisme du Salon de Paris et organisent en guise d’alternative les expositions des impressionnistes. Morisot participe dès 1874 à la première de ces expositions.

Dans les tableaux de Morisot, l’iconographie nouvelle des loisirs et de l’oisiveté formulée par l’impressionnisme se situe dans l’univers domestique. Elle trouve ses modèles dans son entourage . Les tableaux restituent le cadre de vie de l’artiste et font ainsi aussi entrer la vie moderne urbaine dans l’espace domestique. Un rôle décisif revient à la manière de peindre impressionniste 

Mary Cassatt (1844, Allegheny City, Pennsylvanie 1926, Le Mesnil-Thribus)

Mary Cassatt est la seule Américaine de l’impressionnisme français. Lorsqu’elle s’installe à Paris en 1874, c’est une artiste pleinement formée qui a déjà étudié l’art plus de dix ans aux États-Unis et dans différentes villes européennes, dont Paris. Sa conception de la position sociale de la femme est progressiste, vision peu inhabituelle parmi les femmes éminentes de sa génération en Amérique, et qui favorise son parcours. Edgar Degas découvre les œuvres de Cassatt au Salon et témoigne à partir de là d’une haute considération pour son art. En 1877, Degas invite Cassatt – récemment rejetée par le Salon – à se joindre au cercle des impressionnistes et à exposer avec eux. C’est ainsi qu’elle rencontre sa quasi-contemporaine Berthe Morisot, avec laquelle elle se lie d’une longue amitié.Les tableaux que peint alors Cassatt représentent des personnes qui lui sont proches, le plus souvent des femmes . La manière dont elle présente ces figures est nouvelle et remarquable. 

Paula Modersohn-Becker (1876, Dresde 1907, Worpswede)

Les œuvres de Paula Modersohn-Becker sélectionnées pour l’exposition datent de 1900 à 1907. Il s’agit des années de son œuvre de jeunesse, extraordinairement intense et fécond.  Artistiquement, Modersohn-Becker se situe à un endroit  figurant parmi les premières pouvant être qualifiées de pionnières de l’art moderne.Pendant cette brève décennie, sa vie et son œuvre ont pour cadre d’une part Worpswede, colonie d’artistes typique du 19ème siècle, à l’écart des académismes. D’autre part, elle vit et travaille à Paris, métropole dans laquelle converge l’avant-garde internationale . L’audace et la radicalité de son art trouvent leur expression la plus claire dans ses portraits et plus encore dans ses autoportraits.Les autoportraits et les portraits de ces années dépeignent leurs sujets sans arrière-plan scénique. 

Lotte Laserstein (1898, Preussisch Holland 1993, Kalmar)

Les œuvres de Lotte Laserstein sélectionnées pour l’exposition datent de 1923 à 1933. Il s’agit là de son œuvre de jeunesse, années décisives sur le plan artistique qui s’achèvent avec son émigration vers la Suède.  Laserstein figure parmi les représentants notables d’un réalisme qui se développe dans les années 1920 parallèlement à la Nouvelle Objectivité. Sa peinture est empreinte de tons chauds et sensuels, de facture soignée, laissant toujours transparaître ses origines et sa tradition académiques. Les portraits et les représentations de figures occupent une place centrale dans son œuvre. Laserstein s’y avère reliée au présent et engagée dans son époque. Pendant ces années, elle vit et travaille à Berlin, métropole de la République de Weimar . Laserstein s’intéresse tout particulièrement à l’image de la « nouvelle femme », alors propagée également dans les photographies, les magazines et les films. 

Frida Kahlo (1907, Coyoac n, Mexique 1954, Coyoacn, Mexique)

Avec l’œuvre de Frida Kahlo, c’est probablement la forme la plus complexe du portrait et surtout de l’autoportrait qui apparaît dans l’exposition. Longtemps, le regard porté sur l’œuvre de Kahlo a été encombré par une identification excessive des autoportraits et de sa biographie. Depuis quelques années et grâce à l’exploitation de nouvelles archives, la complexité de sa conception du portrait est reconnue en tant qu’apport artistique autonome et précurseur.Sa double origine en tant que fille d’un père allemand et d’une mère mexicaine, le ferment politique du Mexique post-révolutionnaire auquel Kahlo et son époux Diego Rivera prennent une part active, le rapprochement temporaire au surréalisme européen ainsi que les liens forts avec la culture et l’art populaire précolombiens – tous ces éléments sont moteur dans la quête artistique de Kahlo et marquent son univers pictural. Sur cette base, elle développe une approche qui diffère radicalement des conceptions conventionnelles du portrait.

 

Alice Neel (1900, Merion Square, Pennsylvanie 1984, New York)

L’œuvre de l’artiste américaine Alice Neel s’étend sur presque cinq décennies, d’environ 1930 à environ 1980. En tant que portraitiste classique active pendant les périodes de l’avant et de l’après-guerre, elle fait figure d’exception dans l’art du 20ème siècle. Elle reste fidèle à l’art figuratif, ne choisissant pas la voie de l’abstraction ou de l’art conceptuel. Elle crée des portraits réalistes, peints sur le vif ou de mémoire, dans lesquels elle cherche à saisir le caractère d’un individu. La posture artistique de Neel est tôt influencée par la tradition du réalisme américain, voire de la Ashcan School, encore active à la Philadelphia School of Design for Women où elle s’inscrit en 1921 à l’âge de 21 ans. 

Le modèles d’Alice Neel reflètent ses circonstances du moment, longtemps déterminées par ses amants et partenaires, une situation financière précaire et sa position en tant que femme et mère célibataire. À partir de 1932, Neel vit à New York et ses modèles reflètent ses changements d’adresse – Greenwich Village et Chelsea, puis Spanish Harlem et à partir de 1962 l’Upper West Side. Pris dans leur ensemble, les portraits de Neel livrent le point de vue d’une artiste engagée sur la société américaine des années 1930 à 1960.

Marlene Dumas (*1953, Le Cap) 

L’artiste sud-africaine Marlene Dumas compte parmi les principales représentantes de la peinture figurative contemporaine. Dumas naît au Cap et grandit dans un vignoble voisin. Après des études d’art à la University of Cape Town, elle quitte l’Afrique du Sud de l’apartheid en 1976 pour s’installer aux Pays-Bas. Depuis, elle vit et travaille à Amsterdam. La figure humaine et le portrait sont au cœur de l’œuvre de Dumas, qui ne peint cependant pas d’après des modèles vivants. Ses peintures, dessins et aquarelles ont pour point de départ d’importantes archives d’images établies au fil des décennies dans son atelier à Amsterdam. Photos de famille privées, images de presse, de magazines et de films lui servent de modèle. Dans ses portraits individuels et de groupe, l’artiste aborde des thèmes actuels et intemporels qui nous concernent toutes et tous comme l’amour, la mort, l’identité et le deuil. Elle s’y réfère à des événements contemporains tout comme à l’histoire de l’art, conférant par son œuvre une portée et un poids nouveaux à la peinture figurative. La sélection des œuvres pour l’exposition s’est effectuée en étroite collaboration avec l’artiste.

Cindy Sherman (*1954, Glen Ridge, New Jersey)

Cindy Sherman appartient à une génération qui a grandi avec la télévision. La médiation photographique de notre regard sur le monde et la puissance d’impact des images diffusées par les médias imprègnent son travail. Le cinéma et la télévision, la photographie de mode, la publicité ou l’Internet sont autant de sources d’inspiration pour sa pratique photographique conceptuelle.

L’art de Sherman confère au portrait une dimension nouvelle. Depuis la fin des années 1970, son œuvre se concentre sur des autoportraits photographiques, dans lesquels l’identité propre de l’artiste passe cependant au second plan. Sherman réalise principalement ses séries de portraits dans son atelier new- yorkais. Elle y opère devant et derrière la caméra en tant que photographe, metteuse en scène, maquilleuse et modèle à la fois. Au moyen de costumes, de maquillage, de perruques et d’accessoires, l’artiste se transforme en différents personnages de fiction. Elle se met en scène en tant qu’actrice hollywoodienne, mannequin, femme au foyer, vamp ou clown, plaçant ses personnages dans des décors créés avec précision, et plus récemment aussi à l’aide de technologies d’imagerie numérique.

Avec sa confrontation ciblée des conventions de représentation, Sherman explore les thèmes de la beauté, de l’âge, du genre et de l’identité. Elle questionne et parodie ainsi par l’exagération la construction de l’identité féminine, les rôles sociétaux, les stéréotypes et les comportements. Depuis plus de quarante ans, ses photographies livrent un regard implacable et critique sur la société actuelle. La sélection des œuvres pour l’exposition s’est effectuée en collaboration avec l’artiste.

Elizabeth Peyton (*1965, Danbury, Connecticut)

Elizabeth Peyton étudie de 1984 à 1987 à la School of Visual Arts à Manhattan, au cœur de la métropole artistique de New York, où elle vit et travaille encore principalement aujourd’hui. Au centre de son œuvre, qui comprend également des natures mortes et des paysages, se trouve le portrait – un genre auquel ses peintures à l’huile, ses aquarelles, ses dessins et ses estampes confèrent une validité nouvelle dans le 20ème siècle finissant. Dès le début des années 1990, alors que de toute part est annoncée la fin de la peinture, la jeune artiste attire l’attention à New York avec ses portraits intimes de petit format.

Peyton peint ses amis, ses amants et ses connaissances tout comme des figures héroïques historiques et des célébrités de différents contextes et époques. Il s’agit toujours de personnalités dont la créativité et la vie l’inspirent et la fascinent: artistes, musiciennes, acteurs, poètes, militants, athlètes ou politiciennes. Ses portraits ont pour point de départ des photographies, des images tirées des médias de masse, la littérature, la musique, ses propres souvenirs et depuis quelque temps aussi un travail sur modèle vivant. Ses images traitent de thèmes tels la beauté, l’amour et l’individualité et capturent l’esprit de l’époque. La sélection des œuvres pour l’exposition s’est effectuée en collaboration avec l’artiste.

Dimanche 10 octobre de 15h à16h Visite guidée  en français CLOSE-UP Prix : billet d’entrée + CHF 7.–

L’exposition considère une époque au début de laquelle, pour la première fois, il devient possible à des femmes en Europe et en Amérique de développer une activité artistique professionnelle sur une large base. C’est aussi l’époque à laquelle la notion du portrait fait l’objet d’une mutation profonde . Les artistes figurant dans l’exposition illustrent cette évolution de manière exemplaire. 

Berthe Morisot (1841–1895) et Mary Cassatt (1844–1926) ouvrent l’exposition. Les deux artistes jouent un rôle majeur dans le mouvement impressionniste et font figure de modèles pour les générations suivantes d’artistes femmes. Les œuvres de Paula Modersohn-Becker (1876–1907) qui figurent dans l’exposition datent de 1900 à 1907, les années de son œuvre de jeunesse extraordinairement intense et prometteur, qui connaîtra un arrêt brutal avec la mort en couches de l’artiste en novembre 1907. Modersohn-Becker, que 30 années séparent de Morisot et Cassatt, se situe à un endroit tout autre en termes artistiques, figurant parmi les premières pouvant être qualifiées de pionnières de l’art moderne.

Avec Lotte Laserstein (1898–1993), l’exposition passe de Paris au Berlin des années 1920. Ses portraits représentent des types de la vie quotidienne moderne, Laserstein s’intéressant en particulier à l’image de la « nouvelle femme » alors propagée dans les photographies, les magazines et les films.

Les œuvres de Frida Kahlo (1907–1954), c’est probablement la forme la plus complexe du portrait et surtout de l’autoportrait qui apparaît dans l’exposition.  Bien qu’appartenant à la même génération que Lotte Laserstein et Frida Kahlo, Alice Neel (1900–1984) occupe une position toute autre en termes tant historiques qu’artistiques. Contrairement à beaucoup d’artistes américain·e·s qui choisissent la voie de l’abstraction, Neel reste fidèle à l’art figuratif

Un nouveau chapitre s’ouvre ensuite dans l’exposition : avec Marlene Dumas (*1953), suivie de Cindy Sherman (*1954) et Elizabeth Peyton (*1965), ou l’art contemporain du portrait . Ces artistes ont pour point commun que leur perception et leur expérience de la réalité sont marquées et influencées par les médias de masse et leur puissance d’impact.

Avec une centaine de prêts en provenance de musées internationaux et de collections privées en Europe, aux États-Unis et au Mexique, l’exposition ouvre des perspectives inédites sur l’histoire du portrait et les trajectoires des artistes.

L’exposition est complétée par de courts portraits filmés, interprétés par neuf actrices internationales de renom :

Irène Jacob, Martina Gedeck, Luna Wedler, Meret Becker, Ángela Molina, Bettina Stucky, Romana Vrede, Maria Furtwängler et Valerie Pachner invitent les visiteuses et les visiteurs à découvrir les personnalités complexes et diverses des artistes sous un angle différent. Vidéos disponibles en ligne .

Le catalogue de l’exposition  en allemand et en anglais au Hatje Cantz Verlag, Berlin et présente chacune des artistes à titre individuel. 

FONDATION BEYELER

 

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