Jacques Monory Opéra Glacé n°8 Opéra Furia A 1975 Fondation Maeght Photo VB

Fondation Maeght Jacques Monory

Fondation Maeght Jacques Monory été 2020 Photo VB
Fondation Maeght Jacques Monory été 2020 ©VB En 2020 on visite les expositions incognito . Presque célèbres , on se console comme on peut !

Jusqu’au 22 novembre 2020 à la Fondation Maeght , Jacques Monory nous fait voir la vie en bleu , ça fait du bien .

Première grande exposition monographique de Jacques Monory depuis sa disparition en octobre 2018. Une exposition qui revisite soixante ans de carrière du peintre le plus narratif du mouvement de la Figuration Narrative. L’exposition présente soixante ans de carrière . On suit la trace bleue qui la singularité de ce bleu qui l’a rendu célèbre. Organisée par Laurence d’Ist, commissaire de l’exposition, cette traversée se fait le long d’un parcours non chronologique.

Parfois hyperréalistes, les scènes énigmatiques qu’il peint et qu’il juxtapose forment comme le journal de bord hanté d’un peintre qui chaque jour s’interroge sur la réalité du monde. Le bleu qui l’a rendu célèbre, n’est pas toujours synonyme de douceur . On trouve ainsi parmi les toiles différentes représentations de la mort , des scènes de meurtre ou d’accident ( série des Canal et Meurtres, Abréviation du vide ) , la violence est sourde même lorsque Monory inbrique du rose ( Opéra glacé ).

Empruntant au cinéma – et notamment aux thrillers des années cinquante – comme à la photographie et à l’imagerie, les peintures de Monory, fréquemment de grand format et qui incluent aussi souvent des objets, forment comme une sorte de manège accéléré : y alternent ou s’y combinent des paysages urbains et de grandes étendues de nature, des visions romantiques et des images dramatiques venant de l’actualité ou de l’Histoire contemporaine. Un pessimisme fondamental, teinté d’humour grinçant, y coexiste avec une fascination pour le vide.

Monory  nous interroge : comment vivre dans un monde violent, déraisonnable, illogique, surprenant et souvent faux ? Sa peinture, qui se fait l’écho d’une modernité dont il conjure la violence en lui donnant libre cours nous revient aujourd’hui en pleine face, comme un très long métrage .( Laurence d’Ist, Commissaire invitée ,  historienne de l’art, auteure et commissaire d’expositions).

 

Jacques Monory Meurtre n°2 1968 Fondation Maeght PhotoVB
Jacques Monory Meurtre n°2 1968 Fondation Maeght ©VB

Jacques Monory Le vieil homme et la Mort

Jacques Monory l’évoque sans cesse sans l’invoquer , il se fait d’elle une idée de l’ultime solitude comme dans la série Velvet Jungle empreinte d’une douceur mélancolique ou de désespoir sourd comme dans Death Valley n°1 dans laquelle trône  Le Chevalier et la Mort de Dürer juste cerné des vanités, tout y est bleu ou presque , l’artiste lui-même enchapeauté comme toujours,  . L’une des toiles représentant un bouquet de fleurs façon regrets éternels  est même sobrement intitulée Tod ( mort en allemand ) et les fondus de bleu sont parfois titrées Noir , ce bleu-là n’a rien d’apaisant . Parvient-il à cacher la noirceur de notre monde ? On trouve dans le catalogue , cité par Jean- Christophe Bailly , l’explication de texte suivante empruntée à Jacques Prévert : 

 » Le gros mangeur qui désire un steak saignant le demande bleu , peut-être pour oublier sa vraie couleur de sang  » .

Jacques Monory aime le cinéma auquel il rend un hommage appuyé  et dont il se sert abondamment , il se promène d’ailleurs au coeur de ses mises en scène hollywoodiennes comme le faisait Hitchcock . Souvent  , Monory et son chapeau sont le personnage central du tableau  ,comme dans Monet est mort  à Giverny ou Abréviation du Vide ou … Les couleurs  roses , bleus , jaunes qui voilent les toiles ont aussi à faire avec le cinéma car comme l’a précisé l’artiste lui-même , elles réfèrent au souvenir des filtres qu’on plaçait devant les projecteurs lors des séances de cinema avant-guerre. Monory compose une oeuvre proteïforme dans laquelle il mixe le film , la photo , la peinture et parfois des objets .

On peut lire une partie de sa vie à l’observation de ses  tableaux . Ainsi , Monory se représente souvent l’arme au poing rappelant de cette façon la réalité de sa pratique ludique du tir au révolver ou à la carabine , bien que la présence des armes ne soit dans l’oeuvre jamais une question de jeu mais au contraire , toujours liée à une histoire de bruit et de fureur.

Monory utilise principalement les photographies de sa vie privée et celle du cinéma américain des années 1950 ( thrillers et films noirs ) pour composer des ambiances à la fois réalistes et décalées plongées dans  cette énigmatique lumière bleue.

A propos de Monet est mort , Jean-Christophe Bailly , écrivain et ami des Monory , écrit pour lever toute ambiguité sur le sens de l’oeuvre:

« …l’ivresse de peindre doit se mesurer désormais à la déflagration d’une arme à feu dans un parc devenu vide . Ce que Monory revendiquait avec ce titre, c’était en un sens , et même si cela a pu choquer, une sorte de devoir moral de la peinture , la nécessité pour les artistes d’avoir à se confronter à la violence et à l’absurdité d’un monde chahuté continûment par la technique , la guerre et la folie des hommes. »

 

Jacques Monory Technicolor n°24 1977 Fondation Maeght Photo VB
Jacques Monory Technicolor n°24 1977 Fondation Maeght ©VB

 » Je ne recherche ni la peinture pour la peinture , ni la peinture voulant devenir folle de réalisme photographique. Je crois que c’est la vibration qui m’interesse, c’est le tremblement de la pensée devant l’image «  Jacques Monory 

Jacques Monory Pompéï 1971 Fondation Maeght ©VB

Catalogue : préface d’Adrien Maeght. Textes de Laurence d’Ist, commissaire de l’exposition, et de Jean-Christophe Bailly, écrivain et poète. 144 pages. 28€.

Fondation Maeght Photo VB
Fondation Maeght ©VB
Partager cet article :

Le Détour Saint-Louis

logo Ecole Les Coquelicots Bâle

Logo MuseumsPassMusées

Logo-HT-Cre-Art-Basel

Museen Basel

Théâtre le Grrranit Scène Nationale Belfort Logo

Logo Comète Hésingue

Logo Ecole Française de Bâle

Fondation Fernet-Branca

Alliance Française de Bâle

© Bâle Région Mag 2020 / Mentions légales et Politique de confidentialité

✨ Site réalisé avec monweb.agency