Miguel Falomir Sam Keller Fondation Beyeler expo Goya ©VB

GOYA Fondation Beyeler

Goya Las Miedosas 1796 -97 Fondation Beyeler©VB
Goya Las Miedosas 1796 -97 coll privée Fondation Beyeler©VB

 

Goya à la Fondation Beyeler du 10 octobre 2021  au 23 janvier 2022 

275 ans après sa naissance, la Fondation Beyeler consacre à Francisco de Goya – précurseur majeur de l’art moderne – l’une des expositions les plus importantes réalisées à ce jour. Pour la première fois, des tableaux de collections privées espagnoles rarement donnés à voir côtoient dans les espaces de la Fondation Beyeler des œuvres maîtresses en provenance de collections privées et de musées européens et américains de tout premier plan. L’exposition réunit environ 70 tableaux et plus de 100 dessins et gravures d’exception. Aujourd’hui comme du vivant de l’artiste, l’œuvre de Goya donne à vivre une expérience sensorielle et intellectuelle unique. Depuis deux siècles, son œuvre complexe et ambigu constitue pour de nombreux·ses artistes un repère et une référence incontournables. L’exposition est organisée par la Fondation Beyeler en coopération avec le Museo Nacional del Prado à Madrid.

Francisco de Goya y Lucientes (1746–1828) occupe dans l’histoire de l’art européen une position paradoxale en tant qu’un des derniers grands peintres de cour d’une part et annonciateur de la figure de l’artiste moderne d’autre part. Afin de permettre au public d’apprécier la singularité profonde de son activité créatrice, qui couvre la période du rococo tardif au romantisme, et de rendre justice à la richesse formelle et thématique de son œuvre peint, dessiné et gravé, l’exposition présente tout l’éventail des genres et des sujets de prédilection de Goya. Conçue de manière chronologique, elle réunit des tableaux de représentation grand format tout comme des pages de carnets de croquis, mettant l’accent sur l’œuvre tardif de l’artiste.

L’exposition de la Fondation Beyeler donne à voir d’une part le peintre de cour et d’autre part le créateur d’univers picturaux énigmatiques et inquiétants, son œuvre sacré comme son œuvre profane, ses représentations du Christ et de sorcières, ses portraits et ses peintures d’histoire, ses natures mortes et ses scènes de genre. Outre des tableaux réalisés pour le compte de la maison royale, de l’aristocratie et de la bourgeoisie, l’exposition présente des œuvres que Goya crée dans un espace de liberté artistique conquis à la force de sa volonté et de son talent, parmi elles des peintures de cabinet souvent réservées à un cercle intime. Dans l’histoire de l’art européen, Goya est l’un des premiers artistes qui s’élève avec une opiniâtreté rebelle contre les dogmes et les règles qui entravent la création artistique, plaidant au contraire pour l’impulsivité et l’inventivité de l’artiste («capricho» et «invención»).

Parmi les temps forts de l’exposition figurent le portrait de la duchesse d’Albe (1795) et l’emblématique Maja vêtue (La maja vestida, 1800–1807), tout comme deux tableaux rarement exposés en provenance de collections privées européennes, Maja et Célestine au balcon et Maja au balcon, que Goya peint entre 1808 et 1812. Autre particularité de l’exposition : des peintures de genre de petit format détenues pour la plupart dans des collections privées espagnoles et à ce jour rarement montrées hors d’Espagne. Dans ces tableaux, Goya – de même que dans ses dessins et ses gravures – donne libre cours à ses inspirations intimes. Pour la première fois depuis son unique présentation à ce jour au Museo Nacional del Prado, le public pourra ainsi découvrir à la Fondation Beyeler la série complète de huit peintures d’histoire et de genre qui nous sont parvenues de la collection madrilène du marquis de la Romana. Elles seront accompagnées des quatre célèbres panneaux dépeignant des scènes de genre de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando à Madrid, prêts d’une grande rareté.

Dans ses scènes de genre et ses peintures d’histoire, Goya dépeint des incidents de la vie quotidienne sociale, politique et religieuse mouvementée des Espagnoles et des Espagnols aux alentours de 1800. Parmi les décors récurrents de ces scènes figurent les marchés et les arènes, les prisons et les institutions ecclésiastiques, les asiles de fous et les tribunaux de l’Inquisition. Les sorcières constituent également un motif majeur, par lequel Goya illustre la superstition de son temps. Outre un groupe de gravures des Désastres de la guerre (Los desastres de la guerra, 1811–1814), l’exposition présente une sélection de planches de la série des Caprices (Los caprichos) parue en 1799, parmi elles la célèbre gravure no. 43 au titre éloquent Le Sommeil de la raison enfante des monstres, qui reflète le constat mélancolique et résigné de Goya que ni la raison ni l’ironie et le sarcasme ne peuvent lutter contre la déraison. L’univers pictural énigmatique et insondable de Goya lui vaut une grande estime depuis le romantisme français au début du 19ème siècle. Parmi les artistes de la modernité, Pablo Picasso et Joan Miró, Francis Bacon et les surréalistes ont éprouvé une affinité profonde avec son art. Goya constitue aussi une référence importante pour de nombreux·ses artistes contemporain·e·s, dont Marlene Dumas et Philippe Parreno.

À la demande de la Fondation Beyeler, le célèbre artiste français Philippe Parreno (*1964) a réalisé un film basé sur la série emblématique des Peintures noires (Pinturas negras, 1819–1824), montré en première dans le cadre de l’exposition. Les 14 peintures murales se trouvaient à l’origine dans la demeure de Goya en périphérie de Madrid et n’étaient probablement pas destinées à être montrées en public. Conservées aujourd’hui dans la collection du Museo Nacional del Prado à Madrid, les œuvres sont si fragiles qu’elles ne peuvent pas quitter le musée.

Pour la première fois, des tableaux de collections privées espagnoles, rarement donnés à voir et n’ayant pour certains jamais changé de main, côtoient dans les espaces de la Fondation Beyeler des œuvres maîtresses en provenance de collections privées et de musées européens et américains de tout premier plan. Les prêts proviennent d’éminents musées tels le Museo Nacional del Prado, le Museo Thyssen- Bornemisza, la Fundación Lázaro Galdiano et la Fundación Casa de Alba, tous à Madrid, le Musée du Louvre à Paris, le Metropolitan Museum of Art à New York, la National Gallery à Londres, les Gallerie degli Uffizi à Florence, la National Gallery of Ireland à Dublin, la Sammlung Oskar Reinhart «Am Römerholz» à Winterthur, le Minneapolis Institute of Art et le Museum of Fine Arts à Houston.

L’exposition Goya a été organisée par la Fondation Beyeler en coopération avec le Museo Nacional del Prado, Madrid, et développée par Isabela Mora et Sam Keller. Elle est placée sous le commissariat de Martin Schwander, Curator at Large, en collaboration avec Gudrun Maurer, Scientific Advisor. La gestion du projet a été assurée par Ioana Jimborean et Fiona Hesse, Associate Curators.

Un catalogue d’exposition est publié en allemand et en anglais au Hatje Cantz Verlag, Berlin, et en espagnol aux Ediciones El Viso, Madrid. Il réunit des articles d’Andreas Beyer, Helmut C. Jacobs, Ioana Jimborean, Mark McDonald, Manuela B. Mena Marqués, José Manuel Matilla, Gudrun Maurer, Martin Schwander et Bodo Vischer. L’introduction a été rédigée par Colm Tóibín, écrivain irlandais lauréat de nombreux prix.

 Fondation Beyeler,   Baselstrasse 77, CH-4125 Riehen/Bâle

Horaires : tous les jours 10h00 18h00, le mercredi jusqu à 20h00

 

 

Goya la escalada del poste 1786-87 Coll Abello Fondation Beyeler©VB
Goya la escalada del poste 1786-87 Coll Abello Fondation Beyeler©VB

Biografie Francisco de Goya 

30 mars 1746
Francisco José de Goya y Lucientes naît à Fuendetodos, dans la province de Saragosse, d’un père doreur.Première formation à Saragosse auprès du peintre baroque José Luzán.

1763 Premier voyage à Madrid.
1763-1771 Goya devient l’assistant de Francisco Bayeu, peintre de la Cour et directeur de la peinture à l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando, à Madrid.
1769 Séjour d’études à Rome à ses propres frais ; réalisation d’un premier carnet d’esquisses, le Cuaderno italiano (Cahier italien).
1771-72 Premières fresques pour la coupole de la basilique El Pilar à Saragosse (achevée en 1780-1781).
25 juillet 1773 Épouse Josefa Bayeu, la sœur de Francisco Bayeu.
1774 S’installe à Madrid, où il travaille pour la Fabrique royale de tapisseries de Santa Bárbara ; cartons pour plusieurs séries de tapisseries murales. Début d’ascension professionnelle et sociale.Publication d’une série d’environ onze eaux-fortes d’après des œuvres de Velázquez.

1780 Après plusieurs tentatives infructueuses (1763, 1766), Goya est admis à l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando, à Madrid. Le tableau Le Christ en croix est à l’origine de ce témoignage de reconnaissance publique.
2 décembre 1784 Naissance de Francisco Javier, le seul enfant de Goya qui survivra († 1854).
mai 1785 Goya est nommé professeur de peinture à l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando à Madrid.

Premières commandes pour les directeurs de la Banco de San Carlos nouvellement fondée (aujourd’hui Banco de España) et pour les familles aristocratiques Medinaceli et Osuna. Le couple puissant et influent que forment le duc et la duchesse d’Osuna soutiendra le peintre pendant de nombreuses années.
1786 Goya est nommé « Peintre du Roi » (« Pintor del Rey »).
avril 1789 Goya est nommé « Peintre de la Cour » (« Pintor de Cámara ») sous Charles IV.
1792-93 Voyage en Andalousie, où il tombe gravement malade et perd l’ouïe.
fin 1793 Pour régler ses frais médicaux, Goya met en vente une série de petites peintures sur fer-blanc. Il y laisse libre cours à ses conceptions artistiques et à son inventivité.
1795 Après la mort de Francisco Bayeu, Goya est nommé directeur de l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando (« Director de pintura »).Premiers dessins préparatoires pour la série des eaux-fortes des Caprichos.

1796 Voyage en Andalousie, séjours à Séville, Cádiz et Sanlúcar, domaine de la duchesse d’Alba.

avril 1797 En raison de sa surdité persistante, Goya démissionne de ses fonctions à l’Académie ; il est nommé « directeur honoraire » (« Director honorario »)

juin 1798 Tableaux de cabinet (scènes de sorcières) pour la duchesse d’Osuna.

août 1798 Réalise les fresques du plafond de la chapelle San Antonio de la Florida, à Madrid.

février 1799 Publication de la série des Caprichos

octobre 1799  Goya est nommé « Premier Peintre de la Cour » (« Primer pintor de Cámara »)

1799-1800  Goya est chargé de réaliser des portraits d’apparat du roi et de la reine, ainsi qu’un tableau monumental de la famille royale.

avril mai 1800 Portrait de la comtesse de Chinchón, fille de l’infant Don Luis, alors banni de la Cour. Elle avait été mariée en 1797 à Manuel Godoy, afin d’intégrer celui-ci à la famille royale. Godoy est à cette époque, avec le roi lui-même, le principal mécène de Goya.

juillet 1803  Goya offre au Roi les matrices des gravures des Caprichos ; en retour, celui-ci accorde à son fils Javier une bourse d’études.

1803  Décès de Martín Zapater. Goya et Zapater furent liés toute leur vie par une étroite amitié, comme l’atteste leur correspondance, dont seules subsistent cependant les lettres du premier.

1806 Naissance de l’unique petit-enfant du peintre, Mariano (†1874).

1808 Portrait équestre de l’héritier du trône Ferdinand VII.

octobre 1808             Goya est envoyé en mission officielle à Saragosse pour dessiner des vues de la ville en ruines, après deux mois de siège par des troupes françaises durant l’été 1808.

1810 Début du travail sur la série d’eaux-fortes Les Désastres de la guerre, qui restera inédite de son vivant.

1812 Mort de l’épouse de Goya, Josefa.

août 1812 Après l’entrée des troupes anglaises dans Madrid, sous le commandement de Sir Arthur Wellesley, Goya réalise un portrait équestre du général britannique.Il avait peint dès 1810 des portraits pour des commanditaires français. On n’a pas pu établir si Joseph Ier, le frère de Napoléon Bonaparte, figure parmi ces derniers.

mai 1814 Goya et son fils Javier, lequel touche depuis 1806 une rente royale, sont soumis à un examen politique. L’artiste est rétabli dans ses fonctions de Premier Peintre de la Cour, et les deux hommes se voient garantir le maintien de leurs revenus.

mars 1815 Goya est auditionné par l’Inquisition à propos de deux tableaux jugés obscènes, La Maja vêtue et La Maja nue, qui font partie de la collection de Manuel Godoy.Goya représente dans un tableau monumental l’assemblée générale de la Compagnie royale des Philippines, l’une des principales sociétés de commerce colonial avec l’Extrême-Orient et l’Amérique latine.

1816 Publication de la série d’eaux-fortes Tauromaquia, consacrée à l’histoire de la tauromachie. Poursuite du travail sur la série satirique Disparates (« folies » ou « absurdités »), qui ne sera pas publiée de son vivant.
1819 Goya acquiert la Quinta del Sordo (le Domaine du Sourd) à la périphérie de Madrid. Deux salles de la demeure sont décorées de peintures murales, appelées les Peintures noires.
fin 1819 Goya tombe gravement malade et ne se rétablit que de justesse, grâce aux soins de son médecin Eugenio Arrieta. Le tableau d’autel La Dernière Communion de saint José de Calasanz est la dernière commande ecclésiastique et publique exécutée par Goya. Goya expérimente la toute nouvelle technique de la lithographie dans l’atelier fondé à Madrid par José Maria Cardano.

septembre 1824 En raison des répressions menées sous Ferdinand VII, Goya choisit de s’exiler à Bordeaux, où il s’installe avec Leocadia Zorrilla y Galarza (1788–-1856), une cousine de sa défunte épouse Josefa, et les deux enfants de sa compagne, Guillermo et Rosario. L’artiste travaille sur ses Albums G et H, qu’il poursuivra jusqu’à sa mort.

novembre décembre 1825 Publication du cycle de quatre lithographies, Taureaux de Bordeaux, réalisées dans l’atelier de Cyprien Gaulon.

mai 1826 Voyage à la Cour de Madrid, où il sollicite sa mise à la retraite sans perte de revenus.
 1827 Dernier voyage à Madrid.
16 avril 1828 Goya meurt à l’âge de 84 ans. Il est enterré à Bordeaux, au cimetière de la Chartreuse.

Goya El Pelele 1791-92 Musée National du Prado Madrid à la Fondation Beyeler ©VB
Goya El Pelele 1791-92 Musée National du Prado Madrid à la Fondation Beyeler ©VB

Programmation associée à l’exposition Goya 

Samedi 17 octobre 10h 18h Journée de la famille Entrée: 30.– CHF (y compris l’entrée au musée)

Dimanche 24 octobre 11h 12h Concert du Cuarteto Quiroga Entrée: CHF 30.– (y compris l’entrée au musée)

Mercredi 3 novembre Mercredi 15 d cembre 18h30 20h Visite guidée par la commissaire d’exposition en allemand Entrée: CHF 35.– / Art Club, Young Art Club, Friends, Museums–PASS– Musées CHF 10.–

Dimanche 7 novembre 15h 16h Visite guidée publique en français Goya Visite guidée dans l’exposition en cours Entrée: billet d’entrée + CHF 7.–
Samedi 13 novembre Dimanche 14 novembre 10h 18h Journées des arts graphiques Goya et l’imagination Programme détaillé 

Samedi 20 novembre 10h 18h La Journée mondiale de l’enfance Visite ludique du musée : Das Dingsda im Museum 10h 18h Les contes du tapis volant 11h 12h À destination des enfants de 3 à 6 ans accompagnés d’un adulte. Visites guidées à l’attention des familles et des enfants 14h 15h

Dimanche 21 novembre 9h 12h Petit déjeuner autour de l’art Goya en allemand (visite guidée) Entrée: Adultes CHF 65.– / IV CHF 60.– / étudiants jusqu’à 30 ans CHF 52.– / visiteurs jusqu’à 25 ans CHF 40.– / Art Club, Young Art Club, Amis de la Fondation Beyeler CHF 33.–*

Mercredi 24 novembre 18h30 20h Conversation avec Juliet Wilson Bareau historienne de l’art en français. En association avec l’Alliance française de Bâle et la Société d’Études françaises. Entrée: 30.– CHF (y compris l’entrée au musée)

Samedi 27 novembre Dimanche 28 novembre Samedi 11 décembre Dimanche 12 novembre 10h 18h Open Studio en allemand Gratuit

Samedi 4 décembre 14h 16h Young Studio en allemand aux adolescents dès 15 ans et aux jeunes adultes la possibilité de visiter l’exposition « Goya », guidés par une personne de la même tranche d’âge chargée de la médiation artistique. Entrée: 15–25 ans CHF 10.– / plus de 26 ans CHF 20.–

Goya La Maya vestida 1800 1807 Fondation Beyeler ©VB
Goya La Maya vestida 1800 1807Musée National du Prado Fondation Beyeler ©VB

La Quinta del Sordo : un nouveau film de Philippe Parreno 

La Fondation Beyeler a le plaisir de présenter pour la première fois une nouvelle œuvre du célèbre artiste contemporain Philippe Parreno (*1964, vit et travaille à Paris) qui s’intéresse à la maison de campagne de Goya, détruite depuis longtemps, et à ses légendaires peintures murales, les Pinturas negras (les peintures noires). « La Quinta del Sordo » sera présentée en association avec la grande exposition Goya de la Fondation Beyeler du 10 octobre 2021 au 23 janvier 2022.

« La Quinta del Sordo » (la maison de campagne du sourd) située dans la banlieue de Madrid, fut la maison de Francisco de Goya dans les années précédant son exil. Goya a créé une série de 14 peintures murales à l’huile – connues sous le nom de « peintures noires » en raison de leurs couleurs sombres – dans deux des pièces de la maison de campagne que l’artiste a rénovée et agrandie et dans lesquelles les principaux thèmes de son œuvre trouvent leur expression critique finale sous une forme monumentale. Les peintures murales de Goya réalisées entre 1819 et 1824, n’ont été découvertes que post-mortem. Lorsque le baron Émile d’Erlanger a acquis la maison en 1873, il a transféré les peintures sur toile et en a ensuite fait don à l’État espagnol .Depuis 1889, ces chefs-d’œuvre visionnaires sont exposés au Museo Nacional del Prado à Madrid.

Dans son nouveau film de science-fiction, Philippe Parreno reproduit la relation entre les peintures individuelles et la maison dont elles faisaient partie à l’origine. En créant un espace diégétique, Parreno permet au public de voyager dans le temps et de découvrir les Pinturas negras dans leur cadre original. Lors du tournage au Prado, l’artiste a pu capturer les peintures de très près, avec un souci du détail incroyable, et créer ainsi une proximité et une intimité uniques entre les peintures et l’observateur, où chaque détail et chaque coup de pinceau sont visibles. Lors des tournages, Parreno a créé une ambiance lumineuse qui imite la lumière des bougies et d’une cheminée ouverte, créant une atmosphère similaire à celle dans laquelle les peintures étaient probablement vues à l’époque. « La Quinta del Sordo » est accompagnée d’un paysage sonore imaginaire pour lequel l’artiste a créé une réplique de la maison et du jardin en 3 D ainsi qu’un modèle acoustique de l’architecture. L’espace prend vie avec le grincement des planches, le crépitement de la cheminée, le bruit du vent dans les arbres ou le tintement des cloches de l’église au loin. Les sons et la lumière changent également en fonction de l’heure de la journée. La synthèse granulaire permet de créer un changement permanent du son, générant ainsi une acoustique globale qui n’est jamais la même.

Philippe Parreno présente son nouveau film conjointement avec « Que biene el Coco » de la série des Caprichos de Goya, une œuvre remarquable qui illustre le conte selon lequel « El Coco » vient enlever les enfants qui ne sont pas sages. Parreno s’intéresse au personnage de « El Coco » en tant qu’invention du fantôme moderne, notamment dans le contexte de « La Quinta del Sordo » en tant que maison hantée.

« La Quinta del Sordo » a été commandée par la Fondation Beyeler, avec le soutien généreux du Museo Nacional del Prado, Madrid, où le film a été tourné en novembre 2020. Le projet a été soutenu par la Fondation Adonyeva, Jan Fischer, Pamela et Richard Kramlich, Luma Foundation, Michael Ringier, Esther Schipper et la Gladstone Gallery.

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