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Impasse Ronsin cité d’artistes au Musée Tinguely Bâle

Impasse Ronsin Paris XVème Cité d’artistes 1864-1971 Comme si on y était ! Exposition du 16 décembre au 5 avril 2021

Adolphe Vicor Geoffroy-Dechaume Les mains sur les yeux LCA Steinheil 1834-1838 ©VB

A l’Impasse Ronsin, on pratique de tout avec passion : le surin meurtrier , la gaudriole fatale et surtout l’art, sculpture en tête . Le Musée Tinguely nous convie à une déambulation dans le Paris glauque et créatif du siècle dernier, au coeur du  quartier de Montparnasse centre intellectuel et artistique en vogue jusqu’au début des années 70.

Autrefois , les cités d’artistes étaient monnaie courante à Paris . Ainsi , la Ruche , autre nid  dédié ayant abrité Modigliani , Soutine , Zadkine, le Bâteau Lavoir à Montmartre fief de Picasso , Apollinaire , Matisse, Braque , la Villa Seurat du nom du célèbre pointilliste accueillit le sculpteur Couturier , Gromaire mais aussi des écrivains comme Henry Miller ou Anaïs Nin . Ainsi l’Impasse Ronsin rejoint-elle la cohorte avec la particularité pour le moins sulfureuse qui la précède . Allez ! On vous donne quelques indices par photos interposées : celle de Jean Tinguely en conversation avec une élégante en escarpins qui n’est autre que Claude Lalanne , vous donne une idée de l’ambivalence du lieu . On y trouve le meilleur comme le pire , ainsi le laisse suggérer le cliché d’Eva Aeppli s’apprêtant à occire à l’arme blanche …un chou-fleur . Bon , nous sommes dans l’allusion mais la vérité sonne un peu plus crûment .Voyez plutôt :  un de nos anciens présidents devenu trop vieux pour la bagatelle et mal aidé par nos amis chimistes rend son dernier souffle dans les bras d’une belle bourgeoise logeant au 6 bis de l’impasse Ronsin , laquelle fut soupçonnée d’avoir usé de ses charmes auprès dudit pour sauver l’honneur – et la tête – du capitaine Dreyfus ; la dame , peu émotive sans doute , fait à nouveau la une de la presse une petite dizaine d’années plus tard , accusée du double-meurtre de son mari et de sa mère, puis relaxée faute de preuves , aurait-elle eu en tête de rendre hommage à E.A. Poe ? Toujours est-il que l’époux occis , Adolphe Steinheil , rendu célèbre par la notoriété-même de son cocufieur , était artiste peintre .

Car , il faut le préciser ,depuis 1886 , par la grâce du sculpteur Alfred Boucher – fondateur de la Ruche – l’impasse Ronsin à Montparnasse abrite une série d’ateliers confiés aux artistes , une trentaine au départ. La cité d’artistes reçoit pêle-mêle peintres et sculpteurs du monde en tête desquels Constantin Brancusi installé là durant 4 décennies et dont on retrouve aujourd’hui l’atelier parfaitement reconstitué en face du Centre Pompidou. Il n’est pas le seul à prendre ses aises dans ce quartier de Paris , Montparnasse , Mecque des poètes et dans leur sillage de ceux qui ont reçu la grâce créative. Du beau monde y passe et parfois y reste : Picabia, Sonia Delaunay, Marcel Duchamp, Jean Arp , Peggy Guggenheim , Miro , Brauner, Max Ernst… et le sculpteur André Almo Del Debbio qui dispense des cours de sculpture sur pierre de 1954 à 1971.

L’exposition « Impasse Ronsin. Meurtre, Amour et Art au cœur de Paris » brillamment scénographiée avec l’aide logistique de Christophe del Debbio , fils du sculpteur André Almo del Debbio , est organisée selon l’exact plan des ateliers originels de la fameuse impasse – jadis nommée impasse du Luxembourg- enclave du 150 rue de Vaugirard, 15ème arrondissement de Paris. La visite de l’exposition – à qui il ne manque que la parole ou plutôt la chanson , la Bohême aurait bien fait l’affaire – fait l’effet d’une vitrine de confiseur : on pénètre dans chacune des pièces ( 37 ) fidèlement reproduites , réjoui à l’avance de la surprise que celle-ci nous réservera . 220 œuvres réalisées dans cette ruelle par 50 artistes , donnent une idée du fourmillement créatif libertaire de la Cité à l’époque où Jean Tinguely fait halte et conçoit Méta-Malevitch et Méta -Kandinsky, entre les femmes de sa vie d’alors Eva Aeppli , Niki de Saint Phalle ( 1955 ) et les amis Yves Klein ou Daniel Spoerri , quelques membres du tout nouveau groupe des Nouveaux Réalistes  On tombe sur les toiles François-Xavier Lalanne d’avant son association artistique avec Claude . On y découvre aussi les oeuvres d’autres co-locataires , plus discrets comme le peintre sculpteur belge Joseph Lacasse ou la plasticienne argentine Marta Minujin ou encore le sculpteur quebecois Alfred Laliberté . En 1971 , les ateliers de l’impasse Ronsin laissent l’espace nécessaire à l’agrandissement de  l’Hôpital Necker-enfants-malades tout proche. André Almo del Debbio ferme définitivement la porte de son atelier après 26 ans , lequel est entièrement reconstitué pour l’exposition jusqu’à l’ampoule nue pendue au plafond , un très grand plaisir visuel à peine égalé par celui de Brancusi à Beaubourg.

 

Dans l’exposition, les artistes hommes et femmes suivants sont représentés: Eva Aeppli, Théo Albéric, Arman, Louis Mircea Bassarab, Avraham ‘Bera’ Bazak, Suzanne Belloir, Henryk Berlewi, Alphonse Bertillon, Alfred Boucher, Constantin Brâncw;;i, Charles- Romain Capellaro, Paul-Gabriel Capellaro, Auguste-Henri Carli, Irina Codreanu, Liliane Coket, William N. Copley, André Almo Del Debbio, Robert Descharnes, Marcel Duchamp, Natalia Dumitresco, Max Ernst, Adolphe Victor Geoffroy-Dechaume, Julio Gonzalez, Nadja Grossman Bulighin, Anatole Guillot, Raymond Hains, Anne Harvey, Eli Harvey, Jeanne Hillairet de Boisferon Ray, Florence Homolka-Meyer, Pontus Hultén, Alexandre Istrati, Jasper Johns, Janos Kender, Yves Klein, Joseph Lacasse, Claude Lalanne, François-Xavier Lalanne, Alfred Laliberté, Jean Lubet, Charles-Auguste Mengin, James Metcalf, Marta Minujin, Alicia Moï, Juana Muller, Fidencio Lucano Nava, Isamu Noguchi, Arleyte Péron, Reginald Pollack, Alexander Phimister Proctor, Larry Rivers, Gaston-Louis Roux, Harry Shunk, Niki de Saint Phalle, Daniel Spoerri, Adolphe Charles Édouard Steinheil, Joggi Stoecklin, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, Lucien Terriou, Jean Tinguely et Anael Topenot-del Debbio.

Le commissariat de l’exposition est assuré par Adrian Dannatt et Andres Pardey, directeur adjoint du Musée Tinguely.

Publication dans le cadre de l’exposition

L’exposition s’accompagne de la publication d’un abondant catalogue, en allemand et en anglais, aux éditions Kehrer Verlag. Il comporte de nombreuses reproductions, des photographies et des documents inédits, ainsi qu’une multitude de textes d’experts et de témoins de l’époque: Phyllida Barlow, Oscar Chelimsky, Iris Clert, Bill Copley, Adrian Dannatt, Christophe-Emmanuel Del Debbio, Paul B. Franklin, Paul-Armand Gette, Jasper Johns, John Kasmin, Rotraut Klein-Moquay, Claude Lalanne, François-Xavier Lalanne Liliane Lijn, Harry Mathews, Marta Minujin, Monique Alicia Moï-Orban, Karen Moller, Olivier Mosset, Jérôme Neutres, Elsa Noël-Guesnon, Isamu Noguchi, Andres Pardey, Reginald Pollack, Clarice Rivers, Larry Rivers, Philippe Roux, Niki de Saint Phalle, Luc Sante, Roy Skodnick, Daniel Spoerri, Haroun Tazieff, Calvin Tomkins, Phillys Tower, Roland Wetzel. 256 pages, environ 260 images, en vente à la boutique du musée ou en ligne, 42 CHF, ISBN 978-3-96900-017-5 (anglais)

MUSEE TINGUELY

Jean Tinguely Yves Klein Niki de saint Phalle Musée Tinguely Impasse Ronsin ©VB
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