Kara walker détail Kunstmuseum Basel ©VB

Kara Walker Kunstmuseum Basel

Kara Walker
A Black Hole Is Everything a Star Longs to Be jusqu’au  26.09.2021, Kunstmuseum Basel | Neubau Commissaire : Anita Haldemann

Le 5 juin, le Kunstmuseum Basel | Neubau a inauguré l’exposition Kara Walker. A Black Hole Is Everything a Star Longs to Be. À travers la première grande exposition suisse consacrée à l’artiste noire américaine Kara Walker (*1969), le Kunstmuseum Basel présente plus de 600 travaux sur papier provenant de ses archives personnelles jamais exposés auparavant. Ces œuvres de ces 28 dernières années figurent aux côtés de dessins inédits abordant des sujets contemporains, à l’instar de l’héritage de Barack Obama.

Kara Walker compte parmi les artistes de premier plan aux États-Unis. À l’aide de techniques artistiques traditionnelles, elle crée des œuvres provocatrices d’un raffinement extraordinaire abordant l’histoire, les relations raciales, les rôles de genre, la sexualité et la violence. Walker ne propose pas de se réconcilier avec le passé, mais incite plutôt le spectateur à remettre en question les récits établis et les mythes tenaces. Sans aucun ménagement, elle analyse des conflits profondément enracinés et des injustices sociales persistantes. Au regard du mouvement Black Lives Matter qui a également retenu l’attention à la lumière des derniers événements, l’œuvre de Kara Walker s’inscrit plus que jamais dans l’actualité.

Au milieu des années 1990, l’artiste a acquis une renommée grâce à ses silhouettes de papier découpé se déployant sur les murs. À l’hiver 2019/2020, son imposante sculpture Fons Americanus présentée à la Tate Modern de Londres a fait les gros titres. Le dessin sur papier reste cependant au fondement de la pratique artistique de Kara Walker. Pour l’exposition bâloise, l’artiste ouvre pour la première fois ses archives bien gardées et offre un aperçu sans précédent de sa pratique. De petites esquisses, des études, des collages et de grands formats élaborés avec minutie apparaissent  aux côtés  de notes  de journal,  de pensées dactylographiées sur des fiches et de dessins de rêves. L’intimité de chaque page individuelle contraste avec l’étonnante diversité des œuvres : en s’approchant et s’éloignant, le spectateur devient le témoin oculaire de la genèse de l’art de Walker, en observant la manière dont elle transcrit sa pensée sur le papier, invente, adapte et transforme figures et récits.

À la différence de ses élégants panoramas de silhouettes, ses dessins semblent contenir davantage de spontanéité et d’émotion. Souvent réalisés au pinceau, ils possèdent une dynamique fluide et ouverte. Walker questionne sa propre identité – en tant qu’artiste, noire, femme et mère – tant sur le plan personnel que dans le contexte socio-politique que d’événements actuels. Pour l’exposition, elle a ainsi réalisé quatre portraits saisissants de la présidence et de l’héritage de Barack Obama. Également visible, un travail en 38 parties intitulé The Gross Clinician Presents: Pater Gravidam qui aborde des questions relatives à l’inspiration et à la créativité, ainsi qu’aux traditions du dessin pour lesquelles le Kupferstichkabinett (cabinet des arts graphiques) possède de nombreux exemples.

Dans le cadre de l’exposition, un catalogue abondamment illustré avec des contributions de l’artiste, d’Anita Haldeman, Aria Dean et Maurice Berger a paru chez JPR Editions (ISBN 978-3-03764-558-1).

L’exposition est une production du Kunstmuseum Basel. Elle sera présentée à la Schirn Kunsthalle de Francfort-sur-le-Main à l’automne 2021 et au De Pont Museum de Tilbourg (Pays-Bas) en 2022.

kunstmuseumbasel.ch

 

Kara Walker Kunstmuseum Basel ©VB
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Kara Walker Éléments biographiques

Née en 1969 à Stockton, en Californie, Kara Walker s’installe à Atlanta, en Georgie, avec sa famille à l’âge de treize ans. Elle étudie au Atlanta College of Art (Bachelor of Fine Arts en 1991) puis à la prestigieuse Rhode Island School of Design (Master of Fine Arts en 1994).

Kara Walker a reçu de nombreuses distinctions pour son œuvre, dont le John D. and Catherine T. MacArthur Foundation Achievement Award en 1997 et le Eileen Harris Norton Fellowship en 2008. Elle est membre de l’American Academy of Arts and Letters (élue en 2012) et de la American Philosophical Society (élue en 2018). En 2019, elle est nommée Honorary Royal Academician par la Royal Academy of Arts de Londres.

Ses œuvres sont représentées au sein de musées et de collections publiques de renom aux États-Unis et en Europe, à l’instar du Kupferstichkabinett du Kunstmuseum Basel, du Solomon R. Guggenheim Museum à New York, du Museum of Modern Art à New York, du Metropolitan Museum of Art à New York, de la Tate Gallery à Londres, du Museo Nazionale delle Arti del XXI secolo (MAXXI) à Rome et de la Sammlung der Deutschen Bank à Francfort-sur-le-Main.

L’artiste vit et travaille à New York.

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