PARIS Maison Européenne de la Photographie

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18 janvier 2022

Samuel Fosso Maison Européenne de la Photographie Paris ©VB
Samuel Fosso MEP 2022 ©VB

Première grande rétrospective consacrée à Samuel Fosso photographe autoportraîtiste jusqu’au au 20 mars 2022.

La MEP présente la première grande rétrospective consacrée au photographe franco-camerounais Samuel Fosso du 10 novembre 2021 au 20 mars 2022. Cette exposition majeure qui couvre 50 ans de carrière, revient sur une œuvre qui occupe aujourd’hui une place centrale sur la scène artistique internationale. Séries emblématiques, travaux plus confidentiels et photographies de jeunesse inédites se complètent pour retracer un parcours qui oscille entre introspection intime et récits collectifs.

Né en 1962 au Cameroun, Samuel Fosso débute sa carrière très jeune comme photographe de studio, dans la lignée de Seydou Keïta et Malick Sidibé. Il se fait connaître avec ses autoportraits et performances photographiques et acquiert une renommée internationale lors de sa participation à la première édition des Rencontres de Bamako en 1994.

En 1997, il réalise la série « Tati » – dans laquelle il incarne différents personnages stéréotypés tels que La Femme américaine libérée, Le Golfeur ou Le Rockeur – qui deviendra iconique. Par ces images drôles et mordantes, Samuel Fosso questionne profondément la notion d’identité personnelle et sociale. Cette aptitude à se fondre dans d’autres vies, d’autres parcours, est le fil conducteur d’une œuvre par laquelle l’artiste explore la liberté de s’inventer et de se raconter.

Si le genre de l’autofiction, et plus particulièrement de l’autoportrait, a été largement employé par les artistes à partir des années 1970, Samuel Fosso a donné à cette pratique une nouvelle portée, à la fois politique et historique, fictionnelle et intime. Incarner devant l’objectif des personnalités marquantes de l’Histoire et des archétypes sociaux constitue pour Fosso le moyen d’exister au monde autant qu’une démonstration du pouvoir du médium photographique dans la construction d’une figure, d’un mythe.

Avec plus de 200 œuvres, mêlant tirages vintages des années 70, séries emblématiques en couleur et en noir et blanc des années 1990-2000 comme « Tati » et « African Spirits », et projets récents telle la série monumentale de polaroïds « SIXSIXSIX », cette exposition propose pour la première fois un regard complet sur le travail pionnier de Samuel Fosso.
L’exposition est réalisée avec la participation du musée du quai Branly – Jacques Chirac.

Elle fera l’objet d’une itinérance à l’internationale et sera notamment présentée à Huis Marseille à Amsterdam, Pays-Bas et à la Walther Collection à Neu-Ulm, Allemagne.

À l’occasion de l’exposition et en collaboration avec la MEP, les éditions Steidl publient la version française du livre Autoportrait, premier ouvrage monographique dédié à l’artiste.

Samuel Fosso dédie cette exposition à la mémoire d’Okwui Enwezor.
Maison Européenne de la Photographie

Samuel Fosso
Né en 1962 à Kumba, au Cameroun, puis élevé au Nigéria, Samuel Fosso fuit la guerre civile du Biafra et s’installe en 1972 chez son oncle à Bangui en Centrafrique. Il découvre la photographie grâce à un voisin auprès duquel il se forme et ouvre son propre studio à l’âge de 13 ans.
Il réalise des travaux de commandes (photos d’identité, commémorations, mariages) et débute, à l’âge de 15 ans, ses autoportraits. Influencé par des magazines de pop-culture qu’il trouve à Bangui, il se photographie dans des tenues qu’il fait confectionner spécialement par des couturiers locaux.

Suite à sa rencontre avec le photographe Bernard Descamps, Samuel Fosso expose pour la première fois ses autoportraits lors des Rencontres Africaines de la Photographie de Bamako en 1994 et connaît un grand succès. En 1997, il est invité à exposer en France à l’occasion des 50 ans de la marque Tati, aux côtés de photographes majeurs tels que William Klein, Dominique Issermann ou Sarah Moon.

Il remporte le prix Afrique en Création en 1995, puis le prix du Prince Claus en 2001. Ses autoportraits sont présents dans les collections des plus grands musées : Tate Modern à Londres, Centre Georges Pompidou et musée du quai Branly – Jacques Chirac. En 2017, une exposition personnelle lui est consacrée à la National Portrait Gallery de Londres. En 2020 paraît Autoportrait aux éditions Steidl, premier ouvrage monographique qui couvre l’intégralité de l’oeuvre de Samuel Fosso et qui comporte notamment une longue entrevue entre l’artiste et le grand critique d’art et commissaire d’exposition Okwui Enwezor.

L’artiste vit actuellement entre la France et le Nigéria.

Samuel Fosso

« Mon travail est toujours associé à la performance. Je considère que mon corps est rattaché à d’autres individus, à la personne que j’incarne afin de transcrire son histoire. »  Samuel Fosso

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