Musee des cultures Bâle ©VB

Musée des cultures Bâle Souvenirs

Museum der Kulturen expo Memory Afrique de l'Ouest ©VB
Museum der Kulturen expo Memory Afrique de l'Ouest ©VB

 Memory MOMENTS DU SOUVENIR ET DE L’OUBLI à partir du 26 juin 2020

Le souvenir et l’oubli sont omniprésents dans la vie. L’exposition révèle de manière ludique les multiples pratiques avec lesquelles les êtres humains se souviennent de certains moments de la vie, de la naissance à la mort, mais aussi en oublient. Guerre et paix, colonialisme et indépendance: les pièces exposées montrent des similitudes et des différences dans la manière dont les événements significatifs dans la société sont transmis oralement, gravés dans la pierre ou passés sous silence.

Museum der Kulturen expo Memory Konyak-Naga ©VB
Museum der Kulturen expo Memory Konyak-Naga ©VB

 

Instants mémorables

 

Avec l’exposition « Memory – Moments du souvenir et de l’oubli », le Museum der Kulturen Basel (MKB) donne un aperçu des diverses formes et pratiques avec lesquelles les individus, groupes et sociétés vivent les événements, les gardent en mémoire et les ressortent à des moments précis.

 

Les visiteuses et visiteurs sont accueillis par des souvenirs personnels. Qu’il s’agisse de souvenirs de voyage, d’albums de poésie et de photos ou lettres de baptême, ils évoquent des souvenirs d’un moment significatif, d’un lieu particulier ou d’une personne importante. Et ils montrent clairement, selon le curateur Alexander Brust, que la mémoire s’appuie souvent sur des objets. Ces derniers, en effet, sont porteurs et déclencheurs de souvenirs. À titre d’exemple, un mur entièrement recouvert de casiers remplis de souvenirs de voyage montre comment la mémoire biographique rend uniques même des produits de masse, qui gagnent alors en importance et en puissance émotionnelle – de l’assiette de collection au Plastiskop, en passant par la boule à neige.

 

L’exposition ne couvre pas seulement la commémoration d’instants personnels – comme la naissance, le mariage ou le décès – mais aussi des événements sociaux – comme les guerres, les catastrophes, les ouvertures de frontières ou les jours d’indépendance. À cet égard, le « comment » occupe une place centrale : les hommes ont de grandes variétés de pratiques, de formes et de moyens pour conserver et transmettre des instants mémorables, mais aussi pour taire des événements.

 

Aide-mémoires

Comme les hommes oublient vite, ils créent des supports à la mémoire. Dans une deuxième salle, différents aide-mémoires sont exposés : les cordes de nœuds rituelles de Papouasie-Nouvelle-Guinée rappellent les séquences de l’histoire de la création des Nyaura, sur le fleuve Sepik. Les cordons noués du Pérou, dits khipu, furent utilisés par les Incas entre 1400 et 1532 env. pour transmettre des informations comptables, statistiques et stratégiques et pour rappeler des événements historiques. En Europe, on se servait de tachères.

 

Trois gravures rupestres avec des motifs d’animaux du Sahara occidental comptent parmi les plus anciennes formes d’expression artistique en Afrique. Elles datent probablement du néolithique. Trois tiges de bambou pourvues des dessins incisés du XIXe siècle dépeignent des événements historiques de la vie quotidienne de la population de Nouvelle-Calédonie ainsi que des scènes de leur rencontre et de leur confrontation avec les colonisateurs français.

 

Ancêtres et généalogies

Dans de nombreuses cultures, les ancêtres influencent la vie de leurs descendants. On les vénère par des rituels et des offrandes et on les représente sous les formes les plus diverses. En Indonésie, les statuettes d’ancêtres sculptées avaient leur place dans tout foyer. Datant du VIIIe siècle, le linteau mondialement connu de Tikal est un document central pour comprendre l’histoire, la société et la cosmologie des Mayas. Il rappelle le souverain maya sans doute le plus puissant de son époque : Yik’in Chan K’awiil, de la dynastie de Tikal. La carte de Tecamachalco montre les représentations indigènes et européennes des territoires, des généalogies et des situations de propriétés. Commencée au milieu du XVIe siècle pour faire valoir les revendications des nobles indigènes face à la puissance coloniale espagnole, elle combine des éléments d’un manuscrit enluminé mésoaméricain et d’une carte européenne.

 

Traitement du passé

Deux têtes commémoratives font référence aux cérémonies funéraires qui se tiennent à la mort d’un souverain dans l’ancien royaume du Bénin. Le fils aîné et héritier du trône érigeait un autel à la mémoire du défunt en faisant couler une tête commémorative en laiton. Dans la langue des Edo, «se souvenir» – « sa-e-y-ama »– signifie littéralement « couler un motif en bronze ».

 

Dans le cadre de la colonisation, une expédition punitive britannique pilla le palais royal au Bénin en 1897. Plus de 4000 objets furent ramenés à Londres comme butin de guerre, puis dispersés dans le monde entier. Au Bénin, ce vol d’objets incarnant la mémoire des ancêtres et l’histoire du royaume laissa derrière lui un vide douloureux. Les objets béninois revêtent un statut symbolique dans les débats sur la provenance des collections des musées. Aujourd’hui, on discute de la manière de les traiter et de les restituer.

 

Témoignages écrits

Les grandes épopées et les écrits sacrés évitent aux expériences et à l’histoire individuelles et collectives de tomber dans l’oubli. Le MKB présente la Bible, la Torah, le Coran, des rouleaux de guérison d’Ethiopie et des livres de guérison des Batak d’Indonésie. L’ancienne épopée indienne du Ramayana est présentée dans une version moderne et illustrée par l’artiste Sugandha Iyer.

 

Dans la seconde moitié du XXe siècle et surtout dans les années 1980, une grande partie de la population s’est appropriée les médias, jadis largement aux mains des élites, pour interpréter et conserver l’histoire – que ce soit dans le cadre de la décolonisation, de la fin de la Guerre froide, de l’apartheid en Afrique du Sud ou des dictatures latino-américaines. Les mouvements féministes, les groupes subalternes et les minorités ont créé des contre-discours aux récits officiels et montrent la polyphonie de la mémoire collective. Des acteurs et des actrices de différentes couches sociales se servent de tissus, de peintures et d’affiches tant pour consigner des récits nationaux et des journées commémoratives que pour critiquer dictatures et abus de pouvoir de la part de l’État.

 

Commémoration des morts

L’exposition s’achève par la commémoration des morts. En Europe, c’est un devoir. Tableaux de cheveux, planches et croix funéraires sont autant d’objets qui témoignent du souvenir des défunts. Alors que sous nos latitudes, l’ambiance à la Toussaint ou lors du Jour des défunts est plutôt grave, les retrouvailles avec les morts donnent lieu à de joyeuses célébrations dans les cimetières du Mexique, lors du Día de los Muertos. Dans les régions des basses terres d’Amérique du Sud, en revanche, il ne faut pas mentionner les défunts. Au Pérou, les Matsiguenga fabriquent même des statuettes de gardiens pour protéger les vivants des morts.

 

Le musée ne se contente pas de préserver le passé, il construit et transmet aussi des souvenirs. Il offre donc un espace de réflexion sur la pertinence du passé, afin de façonner le présent et l’avenir ; il encourage les gens à réfléchir sur leurs propres expériences et souvenirs.

Dans notre double rôle d’acteurs et d’observateurs, nous sommes tous impliqués dans la création de l’histoire. À la station « Histoire vécue », des témoins contemporains racontent leurs expériences personnelles.

Museum der Kulturen

Museum der Kulturen expo Memory Totenfuguren Mexico ©VB
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