Musée Tinguely PARTY FOR ÖYVIND

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18 février 2022

Öyvind Fahlström Esso-LSD 1967 James Rosenquist Paper Suit 1966 Musée Tinguely 2022 ©VB
Gunnar Lundestam co-commissaire avec Barbro Schultz-Lundestam de l’exposition Party for Öyvind Musée Tinguely 2022 ©VB

Avec Party for Öyvind, le Musée Tinguely consacre une grande exposition à Öyvind Fahlström, artiste aux multiples talents. Fahlström (1928-1976) a créé, au cours de sa brève carrière artistique, une œuvre à tous points de vue « explosive ». À partir du début des années 1950, il a su établir un réseau international d’artistes, présent dans l’exposition avec plus de 80 noms des arts plastiques, de la poésie, du théâtre, de la littérature, de la musique, de la danse et du cinéma. Cette exposition permet de refléter la grande diversité d’expressions des artistes qui ont inspiré le Suédois ou ont été inspirés par lui. Les liens, discours et développements créatifs, les relations personnelles et inspirations réciproques y sont à revivre.
Le travail de Fahlström a été marqué par une atmosphère de renouveau où une jeune génération explore de nouvelles voies en politique, dans la société et les rapports personnels, s’opposant à la politique coloniale et patriarcale de la génération avant elle. Fahlström et ses ami.e.s ont fait partie d’une avant-garde dont la recherche de ce monde nouveau était au cœur de leurs réflexions, de leurs actions et de leurs créations artistiques.

Öyvind Fahlström Installation pour l’exposition Party for Öyvind Musée Tinguely 2022 ©VB

Le titre de l’exposition reprend le carton d’invitation envoyé par Patty et Claes Oldenburg pour une fête organisée à l’occasion de l’anniversaire d’Öyvind Fahlström et de sa première exposition personnelle à la légendaire Sidney Janis Gallery de New York en 1967. Cette fête immense réunit alors plusieurs centaines d’invités, dont beaucoup sont également représentés dans l’exposition.

Fahlström est né en 1928 à São Paulo, au Brésil, de parents scandinaves. En juillet 1939, à l’âge de 10 ans, il part pour Stockholm où il rend visite à sa famille pendant six mois. Le début de la Seconde Guerre mondiale l’empêche de repartir, si bien que Fahlström passera le reste de son enfance et de son adolescence chez une tante à Stockholm. Après la guerre, il étudie l’histoire de l’art et l’archéologie à Stockholm et à Rome, où il vit à partir de 1952. Il s’immerge rapidement dans le milieu artistique, crée ses premières œuvres et se lie d’amitié avec des artistes comme le peintre Giuseppe Capogrossi, dont l’utilisation des signes et des symboles est pour le jeune Suédois une source d’inspiration majeure. Correspondant de journaux suédois, Fahlström écrit des articles sur Rome, notamment sur Robert Matta et Cy Twombly.

Öyvind Fahlström Installation pour l’exposition Party for Öyvind Musée Tinguely 2022 ©VB

De retour à Stockholm, Fahlström cultive ses amitiés avec des artistes, historien.nes d’art, gens de musées, musicien.nes et quantité d’autres personnes dans l’univers de la création. Dès le début, Fahlström entretient avec le Moderna Museet (inauguré en 1959) une relation étroite qui débouchera sur de nombreux projets pluridisciplinaires et fera de lui plus tard l’un des ambassadeurs du musée aux États-Unis. Suivent ses premières expositions internationales, notamment en 1958 à la galerie Daniel Cordier à Paris, où Fahlström noue des liens avec Jean-Jacques Lebel et Alain Jouffroy, les organisateurs d’Anti-Procès (1, 1960), mouvement d’artistes contre la politique française en Algérie et contre l’apartheid en Afrique du Sud, dont Fahlström signe lui aussi le manifeste.

En 1961, titulaire d’une bourse, Fahlström se rend pour un an aux États-Unis avec sa partenaire Barbro Östlihn, qu’il a épousée en 1960 et avec laquelle il collabore intensément. Billy Klüver, ingénieur suédois au service des Bell Laboratories et fondateur de l’E.A.T. (Experiments in Art and Technology, institution soutenant de nombreux artistes dans la réalisation technique de leurs œuvres), introduit les nouveaux arrivants dans le milieu artistique new- yorkais. Leurs premiers amis sont alors Patty et Claes Oldenburg. Fahlström peut reprendre l’atelier de Robert Rauschenberg et devient ainsi le voisin de Jasper Johns. Il se retrouve au cœur d’une fulgurante évolution américaine, et assiste à la montée du pop art et du happening. Une fois l’année de bourse écoulée, Barbro et Öyvind restent à New York, où ils feront partie de la scène artistique locale jusqu’à la mort de l’artiste en 1976.

Öyvind Fahlström The Druds 2020 Party for Öyvind Musée Tinguely 2022 ©VB

Même vivant à New York, les contacts avec la Suède ne se sont jamais interrompus. En 1966, Fahlström représente son pays à la Biennale de Venise, raison sans doute pour laquelle il n’a pas pu participer à HON , l’immense sculpture féminine que Niki de Saint Phalle a installée en 1966 au Moderna Museet avec Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt.

Fahlström et Tinguely s’étaient connus en 1955 à Stockholm lors de sa première exposition en Suède. Öyvind et Niki se sont rencontrés à Stockholm en mai 1961 dans le cadre de l’exposition   Rörelse i Konsten, et un an plus tard tous les trois se retrouvent ensemble lors de leur participation commune à la mise en scène de  The Construction of Boston par Kenneth Koch. Également poète, Fahlström publie le tout premier  Manifeste pour la poésie concrète en 1953. Il écrit des pièces de théâtre, prend part à des performances et des happenings ainsi qu’à des réalisations théâtrales, et il crée, en étroite collaboration avec sa femme, une œuvre artistique faite de peintures, d’innombrables dessins et d’imposantes installations, à mi-chemin entre la peinture et la bande dessinée, et dans laquelle il aborde les questions politiques, sociales et sociétales de son époque.

Party for Öyvind est le reflet d’une époque marquée par les défis de l’après-guerre, mais proposant également des possibilités et ouvertures à la fois uniques, inédites et ludiques : toute une jeune génération tente alors d’en finir avec l’ancien, de trouver son propre mode de vie et de mettre au centre la joie de vivre et l’espoir en l’avenir, le droit à sa propre identité, la sexualité et l’expression artistique, la musique, la littérature et la poésie.

L’exposition réunit de nombreux artistes parmi les plus influents des années 1950-1970: Alexander Calder, Andy Warhol, Barbro Östlihn, Carl Johan De Geer, Christer Strömholm, Claes Oldenburg, Cy Twombly, Dennis Hopper, Ernest Cole, Faith Ringgold, Gunilla Palmstierna-Weiss, Jean Tinguely, John Cage, Kiki Kogelnik, Lee Bontecou, Lena Svedberg, Marie-Louise Ekman, Marisol, Merce Cunningham, Mimi Gross, Niki de Saint Phalle, Patty Oldenburg, Peter Weiss, Robert Rauschenberg et Roy Lichtenstein. Et, bien sûr, Fahlström lui-même. Au total, à peu près autant de femmes que d’hommes.

Les commissaires de l’exposition sont Barbro Schultz-Lundestam et Gunnar Lundestam. Après une première étape au Sven-Harrys konstmuseum de Stockholm, elle a été élargie pour Bâle, où elle est montée par Andres Pardey et Tabea Panizzi. Elle sera présentée au Kunstverein de Hambourg à l’été 2022.

Informations pratiques Musée Tinguely :

Titre de l’exposition :    Party for Öyvind. Öyvind Fahlström & Friends

Adresse : Musée Tinguely | Paul Sacher- Anlage 1 | 4002 Bâle

Opening Day : Mardi 15 février 2022 de 11h à 20h

Durée : 16 février – 1 er mai 2022

Heures d’ouverture :    mardi – dimanche, tous les jours 11h-18h

Sites Internet   : www.tinguely.ch

Réseaux sociaux :   @museumtinguely | #museumtinguely | # partyforoeyvind | # oeyvindfahlstroem

Le Musée Tinguely est soumis à l’obligation du certificat Covid (vacciné.e ou guéri.e). Nous vous demandons donc de présenter votre certificat et votre carte d’identité à l’entrée. Merci !

Paul Sacher-Anlage 1 | Case postale 3255 | CH-4002 Bâle | T. +41 61 681 93 20 | infos@tinguely.ch | www.tinguely.ch

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