Museum der Kulturen

6 mai 2022

Têtes de Buddha ©Museum der Kulturen

Fragments : cruches, patchwork, statues puissantes du 29.04.2022 au 22.01.2023


De nombreux objets des collections du Museum der Kulturen Basel sont composés de fragments ou incomplets. L’exposition « Fragments » met l’accent sur la force de la liaison, l’art de la division et la violence de la destruction.

Des statues sans bras, des récipients recollés, des textiles rapiécés : le Museum der Kulturen Basel (MKB) compte des milliers d’objets qui ont été assemblés, réparés ou qui sont incomplets. Malgré cela, ou justement à cause de cela, ils ont acquis une grande importance et souvent un nouveau potentiel. 

L’exposition « Fragments : cruches, patchwork, statues puissantes » explore les pratiques qui sous-tendent l’assemblage, la réparation ou la destruction. Chaque textile en patchwork, chaque récipient recollé et chaque statue puissante révèle un savoir, un savoir-faire et l’Histoire.

Des sculptures murales assemblées à partir d’emballages en carton introduisent les visiteurs dans cette thématique de manière évocatrice et contemporaine. Wallen Mapondera, artiste du Zimbabwe, associe dans ses œuvres des événements historiques avec des expériences personnelles.

La force de la combinaison

Cinq stations mettent en évidence la force de la liaison, l’art de la division et la violence de la destruction. Les textiles permettent d’admirer l’esthétique qui peut résulter de ce qui est assemblé. Qu’il s’agisse d’un vêtement, d’un tissu, d’une couverture ou d’un tapis, ils sont tous composés de différentes pièces – parfois par hasard, souvent de manière planifiée. Dans le cas des objets en patchwork, des couvertures en courtepointe des États-Unis et du Pakistan ou des costumes de carnaval, la couture est devenue un véritable art.

En outre, l’assemblage a conféré aux textiles une signification particulière : dans de nombreuses régions d’Afrique de l’Ouest et du Nord, les robes en patchwork étaient considérées comme un symbole de pouvoir, de prestige et de dignité. La jibba au Soudan est même devenue un signe de résistance à la domination coloniale.

Les applications sur les robes et les substances dans les statuettes leur confèrent des pouvoirs particuliers. Le vêtement féminin jumlo du Pakistan est ainsi censé éloigner tout mal. Le vêtement chamanique de Sibérie confère à celles et ceux qui le portent le pouvoir de lutter contre les maladies. Les chemises de chasseurs d’Afrique de l’Ouest fonctionnent de manière similaire avec leurs applications de trophées d’animaux. Les puissantes statuettes qui contiennent des substances médicinales étaient censées protéger des maladies, des accidents et des influences négatives.

Laisser à l’abandon

Les pratiques sociales, culturelles ou religieuses de division donnent naissance à des fragments. Des plaques en relief, des socles et des statuettes de pignon ont été détachés de constructions. L’exposition présente également des statuettes auxquelles il manque des parties du corps ou du sexe. Ou alors, seules les têtes sont conservées. Les visiteuses et visiteurs apprennent ainsi qu’une tête de bouddha sans corps est l’expression de la violence, mais qu’elle a aussi été transformée en objet d’art. Chez les Aztèques, la tête représentait le corps et l’esprit d’une personne.

Certains objets sont même délibérément jetés ou exposés au délabrement. Les statues colombiennes exposées n’ont toutefois pas été emportées dans la forêt pour y pourrir ni jetées dans la rivière après avoir été utilisées lors de cérémonies, mais confiées à un collectionneur. La décision de détruire quelque chose est souvent liée à la mort. Dans de nombreuses cultures, la mort est synonyme de danger pour les survivants. Les pièces de parade ici sont des morceaux de portes latérales de Nouvelle-Calédonie. Lors des rituels de deuil, les proches des propriétaires des maisons en question frappaient à coups de hache ces pièces richement ornées de visages sculptés et de motifs géométriques.

L’exposition se tient du 29.04.2022 au 22.01.2023. Dans le cadre de l’exposition, un atelier de démonstration donne un aperçu du travail de conservation et de restauration du MKB. Une publication de même titre, richement illustrée, est parue en allemand et en anglais pour accompagner l’exposition.

Museum der Kulturen Basel
Münsterplatz 20
CH-4051 Basel

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