Paddy Hartlex The cost of life Musée Tinguely ©VB

Paddy Hartley au Musée Tinguely

«The Cost of Life. A perspective on health by Paddy Hartley» au Musée Tinguely et au Musée de la Pharmacie de l’Université de Bâle jusqu’au 23 janvier 2022

Roland Wetzel, Directeur du Musée Tinguely
Philippe Wanner, Directeur du Musée de la Pharmacie
Alexander Bieri, commissaire de l’exposition

L’artiste britannique Paddy Hartley est surtout connu pour ses œuvres d’art en céramique. «The Cost of Life. A perspective on health by Paddy Hartley» au Musée Tinguely et au Musée de la Pharmacie de l’Université de Bâle sera la toute première présentation de ses œuvres en Suisse et les place dans un contexte très spécifique. Le terme ‹cost of life› est fortement lié au risque, essentiel de la médecine et de la recherche. Ces deux domaines revêtent une importance fondamentale dans l’œuvre de l’artiste Paddy Hartley, c’est pourquoi Roche a organisé cette exposition à l’occasion de son 125e anniversaire. La présentation au Musée Tinguely d’objets choisis et de photographies de Hartley qui se déroulera du 13 octobre 2021 au 23 janvier 2022 aura lieu simultanément à une intervention intégrée à la collection permanente du Musée de la Pharmacie.

Paddy Hartley Splint 2000 Cost of Life Musée Tinguely ©VB
Paddy Hartley Splint 2000 Cost of Life Musée Tinguely ©VB

The Cost of Life. A perspective on health by Paddy Hartley

L’œuvre matérialisée polymorphe de Paddy Hartley, artiste résidant à Berwick (comté de Northumberland), est traversée par des thèmes médico-scientifiques. En confrontant le passé et l’avenir dans ses travaux,  il tente de rendre  perceptible  les efforts de l’humanité pour préserver la santé et lutter contre la maladie. Ainsi, il parvient à formuler un commentaire artistique sur les avancées de la médecine et leurs conséquences – parfois contradictoires – pour l’humanité. Il travaille avec une variété de médiums à l’instar de la manipulation de tissus biologiques, la photographie numérique, la broderie numérique, la fabrication d’installations, mais aussi à partir de textiles et de vêtements et, bien évidemment, au moyen de la céramique.

Le terme anglais cost of life revêt différentes significations qui –  contrairement  à la traduction allemande littérale –  sont toutes liées au  risque. Expression  figée, at a great cost of lite signifie prendre un grand risque : un thème d’une importance majeure pour les entreprises  de  recherche  pharmaceutique  (l’industrie  pharmaceutique est considérée comme particulièrement à risque en  raison du coût élevé de  recherche  et de développement).

À l’occasion de son 125e anniversaire, l’entreprise Roche a invité l’artiste céramiste britannique à concevoir une exposition au titre éponyme.

L’évidente parenté intellectuelle et visuelle avec l’oeuvre de Paddy Hartley a amené Roche à lui faire connaître le légendaire symposium « The  Challenge of  Life » organisé par l’entreprise en 1971, il y a exactement 50 ans. Sous-titrée« Biomedical Progress and Human Values», cette réunion abordait de nombreuses questions élémentaires soulevées par les progrès de la médecine. Aujourd’hui, celles-ci ont également des répercussions sur l’industrie pharmaceutique qui se trouvait à l’époque à la veille de la révolution biotechnologique. En se confrontant de manière critique aux actes du symposium, Hartley parvient à transposer ses impressions du débat de l’époque dans une exposition qui intègre nombre de questions soulevées  en 1971 et  qui  établit  des  parallèles avec les concepts actuels de santé et de soins de santé.

Le Musée Tinguely présente des objets et des photographies de Paddy Hartley qui témoignent de son intérêt pour le sujet au cours de ces dernières années. Une intervention au sein de l’exposition permanente du Musée de la Pharmacie de l’Université de Bâle rend visible les efforts constants de l’humanité pour préserver la santé et ouvre ainsi un dialogue entre le passé et l’avenir. Pour« The Cost of Life », Hartley a décidé d’employer principalement du papier de porcelaine présentant des glaçures blanches et rouges, bien qu’il ait également utilisé du  métal, du  verre et des textiles lorsque cela semblait  opportun. Les oeuvres sont de formats différents, mais toutes exposées sur socles sans exception. Elles sont inspirées de discussions qu’Hartley a menées durant 25 ans avec des patient.e.s et des médecins disposant de connaissances approfondies sur ces thématiques.

Une approche centrée sur le patient

Hartley éprouve un intérêt profond pour le corps et en particulier pour la manière dont les patient.e.s perçoivent leur corps lorsque celui-ci est malade ou blessé. Cette approche centrée sur le patient et sa volonté d’exprimer la trajectoire de celui-ci résonne pleinement avec la philosophie de Roche orientée vers le patient. À travers ce dialogue intérieur et extérieur avec les oeuvres, les visiteurs se livrent à une réflexion sur les liens profonds entre la vie et la mort, la santé et la maladie, le contrôle et la dépendance.

En tant que céramiste, Hartley ne cesse d’expérimenter et a conscience que ses tentatives échoueront en partie. Il est tributaire de l’échec de certaines de ses expérimentations pour créer des oeuvres réussies. En tant qu’entreprise pharmaceutique, Roche se trouve exactement dans la même situation.

Le choix de Paddy Hartley

Depuis longtemps, l’entreprise Roche s’attache à travailler en collaboration avec des artistes qui s’intéressent au point de vue des patient.e.s, à l’instar de Paddy Hartley. Certes, de nombreux artistes se penchent sur la relation entre la science et l’art, mais le domaine d’intérêt d’Hartley est  bien plus vaste. Il se  consacre à l’expérience des patients  –  par exemple à travers la perception de la douleur –  et a trouvé une manière à nulle autre pareille pour exprimer cela à partir d’une perspective philosophique.L’oeuvre d’Hartley est exposée, collectionnée et publiée à l’international.

Parallèlement aux axes abordés dans « The Cost of Life », son travail artistique explore également la culture de la mémoire,  le débat entre les croyants  ainsi que le recours  aux stéroïdes  dans la musculation et leur utilisation abusive. Hartley a travaillé étroitement avec des précurseurs des domaines de la science et de l’art : il fut notamment Visiting Senior Research Fellow au Department of Tissue Engineering & Biophotonics au King’s College London et Artist in Residence au National Maritime Museum de Londres. Plusieurs de ses travaux ont  été réalisés grâce au soutien  du London Wellcome  Trust. Parmi ces  projets,  citons la conception et la fabrication de « corsets de  visage »  modificateurs, la fabrication  d’implants du visage en verre bioactif pour usage clinique, ainsi que ses interprétations pour le projet Façade – une réaction aux parcours chirurgicaux et personnels de vétérans de la Première Guerre mondiale blessés au visage.

Commissaire : Alexander Bieri, Curator of the Roche Historical Collection and Archive Catalogue de l’exposition:

The Cost of Lite  –  Paddy  Hartley,  Éditions  Roche,  2021 ISBN  978-3-9525350-1-1 Couverture rigide, 184 pages, nombreuses fig., allemand/anglais, avec un avant-propos de Christoph Franz, prix: 24 CHF.

 

Musée de la Pharmacie 

Musée Tinguely

 

Paddy Hartley Cost of Life Musée Tinguely ©VB
Paddy Hartley Cost of Life Musée Tinguely ©VB
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